Pourquoi les jeunes, qui représentent plus de 76 % de la population sénégalaise – près de 14 millions de personnes sur 18,6 millions d’habitants –, sont-ils si peu présents dans les instances locales ? La représentation des jeunes conseillers municipaux au Sénégal reste en effet très faible, comme le montre une étude de Polaris Asso : les moins de 35 ans ne représentent que 6 % des conseillers municipaux et 4,2 % des députés.
Rendue publique le 11 août 2026 à la veille de la Journée internationale de la jeunesse, cette étude relayée par Seneplus souligne un contraste saisissant avec l’intérêt des jeunes pour les affaires publiques. Ainsi, 58 % des 18-24 ans se disent très intéressés, une proportion qui grimpe à 73 % chez les 25-35 ans.
Pourtant, cet intérêt ne se traduit pas dans les actes : 56,93 % des sondés déclarent n’avoir jamais contacté un conseiller municipal au cours de l’année écoulée, et 65,84 % n’ont jamais pris contact avec un Conseil communal de la jeunesse.
Plusieurs obstacles structurels expliquent cette distance, selon Polaris Asso. Le manque de formation à la gouvernance locale, la faible légitimité sociale accordée aux jeunes, les difficultés d’organisation collective, mais aussi les contraintes liées aux études, à l’emploi et au fonctionnement des investitures partisanes. L’étude pointe également la faible digitalisation de la gouvernance locale, qui limite l’accès des jeunes à l’information et aux services.
Les jeunes femmes font face à des difficultés supplémentaires, liées aux pesanteurs socioculturelles, au mariage et aux rapports patriarcaux.
Face à ce constat, Polaris Asso appelle les pouvoirs publics à mieux prendre en compte les attentes de la jeunesse, à encourager les candidatures et à réfléchir à d’éventuels mécanismes de quotas. L’organisation plaide aussi pour un apaisement du débat politique.
La commune de Khombole, qui accueille ce mercredi 12 août la célébration de la Journée internationale de la jeunesse, sert de cadre à l’expérimentation du programme Mën Naa Ko. Déployé entre 2024 et 2026 dans cinq communes de Dakar et Thiès, ce programme vise à renforcer le leadership citoyen des jeunes dans les processus de décision locale, notamment via le numérique, les arts et la culture.
