Gouvernance locale : 77 maires âgés de 8 à 18 ans se réunissent à Dakar pour préparer leur face-à-face avec les autorités

Depuis ce lundi 23 mars 2026, la capitale sénégalaise accueille un rassemblement institutionnel peu ordinaire. Soixante-dix-sept élus, dont la particularité est d’être âgés de 8 à 18 ans, participent à un atelier de trois jours. L’enjeu de cette rencontre est de consolider leur poids dans les instances de décision locales et d’apprendre à défendre leurs droits directement face aux autorités.

Selon les informations relayées par le journal Sud Quotidien, ces maires et mairesses sont issus des Conseils Municipaux d’Enfants (CME) de sept régions du pays : Saint-Louis, Thiès, Dakar, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Kédougou. Initiée par la Coalition Nationale des Associations et ONG en Faveur de l’Enfant (CONAFE) en partenariat avec l’UNICEF, cette session de travail vise à structurer un réseau national capable de porter un plaidoyer commun auprès des élus territoriaux.

Ce cadre d’apprentissage et de participation citoyenne a été précédé d’un processus incluant des consultations locales et des sessions de partage. Justine Leson, secrétaire exécutive de la CONAFE, rappelle que ces instances sont adossées aux collectivités territoriales. « Les enfants sont souvent invités aux débats d’orientation budgétaire, mais aussi ils participent aux activités communales », explique-t-elle. Elle précise que l’objectif central reste le plaidoyer, indispensable « pour permettre aux élus de prendre en compte la question de l’enfant, particulièrement leur participation dans la vie de la cité ».

La démarche s’inscrit dans une volonté d’intégration durable aux politiques publiques. Marisa Foraci, cheffe de politique sociale à l’UNICEF Sénégal, souligne l’opportunité de « créer un réseau actif » pour que cette voix contribue « activement aux principales réformes que le Sénégal est en train d’implémenter ». Elle rappelle que ces jeunes rédigent des bilans et collaborent à l’élaboration des plans de développement communal aux côtés des conseils municipaux des adultes.

L’intérêt de cette synergie est confirmé par les premiers concernés, chargés de porter ce plaidoyer. Aissatou Diallo, mairesse enfant de la commune de Tambacounda, met en avant la nécessité d’une démarche collective face aux exécutifs locaux. « L’objectif principal est de communiquer et d’interagir ensemble et d’avoir une seule voix. En partageant les idées, les difficultés dans nos différentes communes, je pense que ça irait mieux que d’agir tout seul », conclut-elle.

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