Cryptoactifs : la BCEAO maintient sa prudence, le Nigeria et le Kenya ont déjà légiféré

À Dakar, le 22 juillet, lors de la présentation du rapport annuel 2025 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a réaffirmé la position de l’institution : aucune réglementation des cryptoactifs n’est encore en vigueur, et les usagers doivent rester vigilants.

« Ce n’est pas une monnaie. Ce n’est pas réglementé. Donc soyez prudents », a-t-il résumé, selon Togofirst. Le gouverneur a énuméré trois risques majeurs : une volatilité exposant à des pertes en capital, l’anonymat d’opérations souvent transfrontalières, et la vulnérabilité aux cyberattaques en l’absence d’un cadre adapté.

Ce chantier réglementaire, mené avec l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA, n’a toujours pas de calendrier public. Pendant ce temps, plusieurs juridictions africaines ont déjà légiféré. Le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Ghana ont adopté des lois encadrant les actifs numériques, répondant aux recommandations du GAFI. La BCEAO doit, elle, harmoniser un cadre unique pour huit États, un exercice par nature plus long.

L’urgence est pourtant documentée. Entre juillet 2024 et juin 2025, l’Afrique subsaharienne a enregistré 205 milliards de dollars de transactions liées aux cryptoactifs, en hausse de 52 % sur un an. Et l’espace UEMOA compte plus de 280 millions de comptes de monnaie électronique, a souligné le gouverneur.

Sur les stablecoins, ces cryptos adossées à des devises comme le dollar, Jean-Claude Kassi Brou estime qu’il s’agit d’une « autre dynamique » dont l’examen est porté au niveau de l’Association des banques centrales africaines. Aucune orientation n’a été arrêtée à ce stade.

La conférence internationale de la BCEAO, qui s’est tenue le 8 mai 2026 à Dakar sous l’égide de l’institution, avec la participation de gouverneurs de banques centrales, du FMI, de la Banque mondiale et de la BRI, a marqué un tournant. Les débats ont porté sur l’encadrement réglementaire, la cybersécurité et la modernisation des paiements. Elle s’est achevée sans annonces normatives immédiates, mais avec la création du comité C-CRYPTO. Aucune réglementation n’en est encore sortie.

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