Le président congolais Félix Tshisekedi peut-il désamorcer les tensions politiques qui montent à Kinshasa ? Vendredi 17 juillet, il a annoncé l’organisation d’un dialogue national, réclamé depuis des mois par une opposition qui l’accuse de vouloir s’accrocher au pouvoir.
L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion avec les représentants des principales confessions religieuses du pays, a indiqué la présidence sur X (ex-Twitter). Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a précisé que les modalités de ce dialogue « se préciseront chemin faisant ».
Cette initiative intervient dans un climat politique lourd. La majorité présidentielle soutient un projet de loi controversé prévoyant un référendum sur une révision constitutionnelle, qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat pour Tshisekedi, dont le second quinquennat s’achève en 2028. L’opposition, rassemblée en coalition depuis mi-mai, rejette toute modification de la loi fondamentale et a appelé à une « marche pacifique » le 22 juillet dans la capitale.
Selon des informations de l’AFP et de Jeune Afrique, Kinshasa s’était longtemps opposé à un dialogue incluant certains opposants accusés de complicité avec la rébellion du M23, active dans l’Est. Ce revirement s’inscrit dans un contexte sécuritaire dégradé : le groupe antigouvernemental, soutenu par Kigali selon les autorités congolaises, contrôle de vastes territoires. Par ailleurs, dès février dernier, la communauté internationale avait tenté de faciliter un dialogue : l’Angola s’est vu confier par l’Union africaine un mandat de consultations préalables, et le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, s’était rendu à Kinshasa pour des discussions politiques.
Les réactions de l’opposition à cette annonce présidentielle se font encore attendre. Leur dernière mobilisation dans la rue, le 12 juin, avait été réprimée, faisant plusieurs blessés.
