RDC : Alors que l’Est s’embrase, le volet politique spécifique inscrit à l’agenda du chef des opérations de l’ONU

Le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix a atterri dimanche soir à Kinshasa pour une visite officielle de 48 heures. Dans un climat marqué par la persistance des affrontements dans l’Est et des frictions politiques dans la capitale, Jean-Pierre Lacroix entame une série de consultations cruciales qui dépassent le simple cadre de l’inspection des troupes.

Si l’ONU qualifie cette mission d’« ordinaire », le contexte dans lequel elle se déroule n’a rien de classique. Selon les informations rapportées par l’Agence Anadolu, cette visite intervient à un moment charnière pour la République démocratique du Congo, prise en étau entre une crise sécuritaire qui s’enlise et des manœuvres politiques internes de plus en plus tendues.

Une médiation politique en filigrane

Au-delà des aspects purement militaires, l’agenda du chef des opérations de paix révèle une dimension diplomatique majeure. Jean-Pierre Lacroix doit s’entretenir avec le président Félix Tshisekedi, mais également avec des figures de l’opposition, des représentants des confessions religieuses et de la société civile. L’enjeu de ces rencontres porte sur l’éventualité d’un dialogue national inclusif.

Cette initiative, évoquée le week-end dernier par le chef de l’État congolais, divise profondément la classe politique. Si Félix Tshisekedi s’y est déclaré favorable, il a posé des conditions que rejette catégoriquement une partie de l’opposition. La présence de l’émissaire onusien vise donc à sonder les possibilités d’un rapprochement dans ce climat de méfiance généralisée.

Le défi du cessez-le-feu et le retrait de la Monusco

Sur le plan sécuritaire, la mission s’annonce tout aussi complexe. La Monusco, dont Jean-Pierre Lacroix supervise les opérations, s’est vu confier la lourde tâche d’observer un cessez-le-feu particulièrement fragile entre les Forces armées de la RDC et les rebelles du M23. La situation sur le terrain reste préoccupante, d’autant que les Casques bleus ne sont plus présents au Sud-Kivu depuis leur retrait à la mi-2024, une zone où les rebelles ont récemment progressé.

Après l’étape de Kinshasa, la délégation onusienne est attendue à Beni, dans le Nord-Kivu. Cette région, bien que relativement épargnée par le M23, subit de plein fouet les assauts des rebelles des ADF, affiliés au groupe État islamique. D’après les données de la société civile locale, au moins 62 civils ont perdu la vie dans ce secteur depuis le début de l’année, malgré les opérations conjointes de l’armée congolaise, des forces ougandaises et des troupes onusiennes.

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