RDC : Face aux conditions fixées par Kinshasa, le pays limitrophe officiellement chargé de mener les consultations préalables

Une étape diplomatique majeure vient d’être franchie à Luanda concernant la crise sécuritaire et politique qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Réunis ce lundi dans la capitale angolaise, plusieurs chefs d’État et médiateurs de l’Union Africaine ont convenu d’une nouvelle approche pour rendre possible le dialogue national voulu par Kinshasa, mais dont les modalités divisent encore profondément.

Selon les informations relayées par Agence Afrique, cette rencontre au sommet a abouti à une décision stratégique : l’Angola reçoit désormais le mandat explicite d’initier des consultations avec toutes les parties congolaises concernées. L’objectif assigné au président angolais, João Lourenço, est de créer les conditions favorables à la tenue effective du dialogue inter-congolais.

**Une médiation pour surmonter les blocages**

Cette désignation intervient dans un contexte politique tendu. Si le président Félix Tshisekedi a annoncé, au début du mois, la tenue d’un dialogue national inclusif, les lignes rouges tracées par Kinshasa compliquent l’équation. Le chef de l’État congolais exige en effet que ces assises se déroulent exclusivement sur le sol national, sous la conduite des institutions de la République et dans le respect de la Constitution. Plus contraignant encore pour les groupes armés, la participation de toute personne condamnée pour crimes de guerre est d’emblée exclue.

C’est ici que réside la complexité de la mission confiée à Luanda : faire converger les différentes parties vers une position commune malgré ces prérequis stricts. Le communiqué final de Kinshasa précise que ce mandat vise à consolider la « cohésion nationale » à travers un processus apaisé.

**Le cadre diplomatique mobilisé**

La réunion a vu la participation de figures centrales de la diplomatie régionale. Outre l’hôte João Lourenço, président en exercice de l’Union Africaine, et Félix Tshisekedi, la table des négociations réunissait Faure Gnassingbé, président du Togo et médiateur de l’UA pour les Grands Lacs, ainsi que l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Ce dernier représentait les cinq ex-chefs d’État désignés comme facilitateurs du processus de paix.

Au-delà du volet politique, le sommet a réitéré l’urgence sécuritaire. Les dirigeants ont appelé à l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu et à l’accélération du mécanisme de vérification convenu à Doha en octobre 2025. L’accent a également été mis sur la nécessité de mettre en œuvre l’accord de paix de Washington signé en décembre dernier, ainsi que les résolutions récentes du Conseil de Sécurité de l’ONU.

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