Colonel Aly Mime : le Sénégal n’a jamais payé de rançon

Lors de son passage dans l’émission « Point de Vue », le colonel Aly Mime, responsable de la cybersécurité nationale, a affirmé que le Sénégal n’a jamais payé de rançon après les attaques informatiques visant des administrations publiques.

Le Sénégal n’a jamais payé de rançon, a-t-il répété, en évoquant notamment les attaques qui ont ciblé la DAF, le Trésor et la DGID. Selon lui, les cybercriminels exagèrent parfois la quantité de données qu’ils disent avoir récupérées. Comme l’écrit pressafrik, le colonel Aly Mime parle ainsi de « beaucoup de bluffs » dans les affirmations diffusées par les pirates.

Mais ces attaques ne sont pas sans conséquences opérationnelles. Après une cyberattaque, la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor a dû annoncer la reprise progressive de ses services de paiement et d’encaissement. Les analyses techniques ont confirmé l’origine malveillante de l’incident ainsi que la diffusion non autorisée d’informations, tandis que les équipes restaient mobilisées pour sécuriser et restaurer les systèmes affectés.

Le contexte dépasse désormais les seules administrations visées. Selon le rapport 2026 d’Interpol, le Sénégal figure parmi les pays africains les plus ciblés par les cybercriminels. Les attaques par rançongiciel ont notamment été nombreuses en Afrique du Sud, au Nigeria, en Namibie, au Sénégal et en Zambie. Une tentative de détournement de 7,9 millions de dollars contre une compagnie pétrolière opérant au Sénégal a également été déjouée.

Face à cette pression, l’État privilégie la résilience et la remise en service rapide des systèmes informatiques. Le colonel Aly Mime estime qu’il est difficile d’attribuer une cyberattaque avec certitude, en raison notamment de l’utilisation du Darkweb et des VPN par les réseaux impliqués. Le renforcement de la protection est devenu un enjeu national : le 20 août 2026, l’Assemblée nationale a approuvé, à la majorité de 127 députés, une loi sur la protection des infrastructures d’information critiques et la sécurité numérique. Le ministre Samba Diouf a expliqué que ce texte vise à sécuriser les systèmes d’information et les plateformes numériques nationales.

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