Lors d’un vote réunissant des représentants de 58 pays, Habibou Dia a été élu ambassadeur de la cohorte du programme de bourse DongFang de l’Université de Pékin. Le directeur de la communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique s’est imposé face à des candidats venus notamment de Cuba, de Birmanie, de Trinité-et-Tobago, du Pakistan et des Maldives.
Cette élection s’inscrit dans un moment où les échanges entre acteurs sénégalais et chinois se densifient, y compris sur le terrain politique. Le PASTEF a récemment renforcé ses liens avec le Parti communiste chinois, à l’occasion d’une rencontre entre une délégation conduite par El Malick Ndiaye et Liu Haixing, autour d’une coopération politique accrue. Dans ce contexte, l’accession d’un responsable sénégalais à la tête de cette cohorte prend un relief particulier dans un programme centré sur la gouvernance, la coopération internationale et les priorités du Sud global.
Dans sa première prise de parole, Habibou Dia a présenté sa feuille de route pour ce groupe. Il a expliqué vouloir assurer une représentation jugée légitime et entretenir des liens solides entre participants et anciens bénéficiaires du programme, a rapporté APS. Le programme DongFang réunit chaque année des participants de plusieurs pays autour de la gouvernance, de la coopération internationale et du développement du Sud global.
Habibou Dia a défendu une représentation équitable des régions, en tenant compte de la parité homme-femme. Il a aussi proposé un dispositif de gouvernance ouvert, avec l’implication du plus grand nombre possible de bénévoles. Dans cette organisation, il a cité des vice-ambassadeurs, des points focaux régionaux et des cellules thématiques pouvant mobiliser des profils comme des économistes, des avocats ou des experts financiers.
Le responsable sénégalais a également insisté sur l’obtention de résultats concrets dans les missions de la cohorte, en évoquant le lancement par la Chine de l’Alliance des think-tanks du Sud global. Il estime que les anciens de DongFang peuvent contribuer au développement du Sud global, tout en promouvant une diplomatie de paix et de prospérité et en diffusant, selon ses termes, des informations fiables sur la Chine.
Dans le détail, il a proposé la création d’un laboratoire d’idées et de publications, ainsi que d’un bureau opérationnel. Il a rappelé que le programme, lancé en 2019 avec une moyenne de 50 étudiants par cohorte, représenterait près de 300 personnes. Habibou Dia a aussi avancé l’idée d’un média alternatif mondial dédié aux pays du Sud global et celle d’inviter les enseignants du programme à dispenser des cours inauguraux dans différentes universités.