Lutte contre le péril plastique : L’ancien parlementaire et l’experte désignés pour piloter le nouveau dispositif de la Francophonie

Malgré un arsenal législatif renforcé ces dernières années, la gestion des déchets plastiques demeure un défi sanitaire et écologique majeur au Sénégal. Alors que la loi de 2020 a permis certaines avancées notables, la persistance des circuits illicites et le coût des alternatives freinent l’éradication totale de ce polluant. C’est dans ce contexte de nécessaire remobilisation qu’une nouvelle structure internationale vient appuyer les efforts de l’État, avec la désignation officielle de deux points focaux nationaux chargés de coordonner cette offensive sur le terrain.

La toxicité du plastique ne se limite pas à la pollution visuelle. Composés principalement de polyéthylène, les sachets et emballages nécessitent plus de quatre siècles pour se dégrader, se fragmentant en micro-plastiques qui intègrent la chaîne alimentaire et l’organisme humain. Au-delà des risques sanitaires avérés — perturbation endocrinienne, risques cancérigènes —, ces déchets constituent un facteur aggravant des inondations en obstruant les réseaux de drainage, favorisant ainsi la prolifération de maladies vectorielles comme le paludisme.

Un bilan mitigé malgré le durcissement législatif

Pour endiguer ce fléau, le Sénégal a fait évoluer sa stratégie juridique. La loi initiale de 2015 a été remplacée par la loi 2020-04, entrée en vigueur le 20 avril 2020. Ce texte plus ambitieux visait la prévention et la réduction de l’incidence des produits plastiques sur l’environnement.

Selon les éléments rapportés par Le Quotidien, cette législation a produit des effets concrets : disparition quasi-totale des gobelets en plastique au profit du carton, élimination progressive des sacs de caisse dans la grande distribution et saisies régulières opérées par la gendarmerie et les services du ministère de l’Environnement.

Cependant, le combat se heurte à des obstacles structurels. La disponibilité limitée des matériaux biodégradables, couplée à leur coût élevé, maintient une demande pour le plastique conventionnel. De plus, des circuits d’importation parallèles continuent d’alimenter le marché, profitant parfois d’une adhésion populaire encore insuffisante aux nouvelles normes.

L’activation du levier « Francophonie Zéro Plastique »

Face à ces limites, l’approche évolue vers une mobilisation accrue via l’initiative « Francophonie Zéro Plastique ». Ce dispositif vise à agir comme un renfort opérationnel aux côtés de la Direction du cadre de vie, récemment rattachée au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique. L’objectif est de déployer une stratégie incluant l’éducation, la promotion d’alternatives durables et le soutien aux initiatives locales d’économie circulaire.

Pour incarner cette nouvelle phase, deux responsables ont été sélectionnés au terme d’un appel à candidatures respectant le principe de parité. Il s’agit de Mme Halimatou Sarr et de M. Abdou Sané.

Ce dernier, connu pour son parcours politique en tant qu’ancien député de Pastef à Ziguinchor, rejoint ainsi ce dispositif technique et citoyen. En tant que points focaux, leur mission consistera à servir de relais nationaux pour la coalition, à faciliter la mobilisation locale et à faire remonter les réalités du terrain vers les instances décisionnelles de la Francophonie. Ils devront également coordonner les actions de sensibilisation pour tenter de combler le fossé entre la réglementation en vigueur et les pratiques quotidiennes des usagers.

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