CNES : l’apaisement institutionnel posé en condition des réformes au Sénégal

La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) salue la rencontre engagée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo avec le secteur privé national. L’organisation patronale se dit prête à contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda Vision Sénégal 2050 et des projets catalytiques, mais conditionne cet engagement à une résolution rapide des obstacles qui étranglent actuellement les entreprises. Le secteur privé représente près de 90 % des emplois au Sénégal, rappelle son président Abdel Kader Ndiaye, alors que la trésorerie des sociétés se fragilise et que de nombreux chantiers sont à l’arrêt.

Lors d’une conférence de presse à Dakar, la CNES a identifié cinq urgences pour relancer le partenariat public-privé, selon lactuacho. Elle cite notamment l’apurement de la dette intérieure, la reprise des investissements productifs, l’apaisement du climat social, une meilleure concertation sur les méthodes fiscales et la sécurisation du cadre institutionnel. Pour le patronat, ces conditions sont indispensables à la mobilisation des entreprises nationales autour des priorités de l’Agenda 2050.

La CNES demande en priorité un climat institutionnel plus apaisé entre l’Exécutif et le Législatif. Elle estime qu’un éventuel blocage des réformes fragiliserait davantage le secteur privé et compliquerait l’exécution des plans de traitement de la dette. La mise en œuvre de la Loi de finances rectificative et la consolidation de l’accord technique avec le Fonds monétaire international figurent parmi les priorités citées.

La dette intérieure au Sénégal constitue également un enjeu central pour le patronat. Selon la CNES, les créances non réglées par l’État affectent directement la trésorerie des sociétés locales, limitent leurs capacités d’investissement et contribuent à l’arrêt de nombreux chantiers. L’organisation réclame donc un règlement diligent de ces impayés afin de réinjecter des liquidités dans l’économie, de relancer les investissements productifs et de rétablir la confiance des marchés.

Le Port autonome de Dakar fait l’objet d’une autre demande urgente. La confédération dénonce des facturations qu’elle qualifie d’arbitraires ainsi que des pratiques de concurrence déloyale, qui pénaliseraient les opérateurs respectueux des règles. Elle réclame aussi un meilleur accès des acteurs privés aux documents de travail stratégiques de l’État et de ses services.

La CNES alerte par ailleurs sur les effets d’un climat social agité et de méthodes fiscales appliquées sans concertation. Ces tensions, ajoutées à la pression exercée sur les trésoreries, compliquent la visibilité des entreprises et réduisent leur capacité à s’engager dans les projets publics. Le patronat demande un dialogue plus structuré avec les pouvoirs publics avant toute nouvelle décision susceptible d’alourdir les charges du secteur privé.

Sur le patriotisme économique, la CNES soutient le projet de loi annoncé par le gouvernement, à condition que le statut juridique de l’entreprise nationale y soit clairement défini. Elle demande en outre l’application complète du contenu local dans les secteurs stratégiques, pour permettre au secteur privé national de participer aux projets de l’Agenda 2050.

L’organisation patronale souhaite enfin corriger le déséquilibre de la commande publique, l’entreprise nationale n’en captant que 30 % en valeur selon ses indications. Elle appelle l’ARCOP à exercer plus efficacement sa fonction de régulation et insiste sur la formation professionnelle ainsi que sur le financement de l’économie. Pour la CNES, la relance du partenariat public-privé passe désormais par des mesures concrètes sur la dette, l’investissement et l’accès des entreprises sénégalaises aux marchés.

Abdel Kader Ndiaye est président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire