Citigroup alerte sur une possible perte de plus de 50% sur les obligations sénégalaises libellées en dollars

Les créanciers du Sénégal détenant des obligations en dollars pourraient subir de lourdes pertes. Dans une note récente, la banque américaine Citigroup Inc. a estimé qu’en cas de restructuration de la dette, ceux-ci pourraient récupérer moins de 50 % de la valeur nominale de leurs titres. Une obligation de 100 dollars ne serait ainsi remboursée qu’à hauteur de moins de 50 dollars, selon les conditions qui seraient éventuellement retenues.

Cette perspective a ravivé les inquiétudes des marchés, déjà ébranlés par la nomination de Lazard Inc. comme conseiller financier du gouvernement sénégalais, révélée par Bloomberg. Pour de nombreux investisseurs, le recours à cette société spécialisée dans les opérations de dette laisse craindre une préparation à des discussions sur un rééchelonnement, même si aucune décision n’a été officialisée.

La dette publique sénégalaise est estimée à environ 130 % du produit intérieur brut, un niveau qui fragilise la soutenabilité des remboursements. La suspension d’un programme du Fonds monétaire international prive provisoirement le pays d’un filet de sécurité financière et de la confiance des partenaires. En novembre 2025, la prime de risque sur les emprunts sénégalais avait atteint le niveau record de 1 077 points de base, fermant de fait l’accès aux marchés internationaux.

Selon dakaractu, les autorités sénégalaises restent toutefois opposées à l’idée d’une restructuration, qui pourrait entraîner une défiance durable des créanciers, compliquer les futurs emprunts et renchérir leur coût. Une telle opération pourrait prendre plusieurs formes : allongement des échéances, réduction des taux d’intérêt, report de paiements ou diminution de la valeur nominale des titres. Dans tous les cas, les détenteurs d’obligations seraient amenés à consentir des concessions.

En dépit de ces tensions, le Sénégal a montré des signes de bonne volonté. En juin 2026, il a honoré par anticipation un coupon de 53,75 millions d’euros sur une obligation arrivant à échéance en 2037 et un versement de 38,8 millions de dollars sur une autre échéance en 2031. Un geste qui visait à rassurer les marchés, alors que les banques ivoiriennes, selon S&P Global Ratings, détenaient en septembre 2025 près de 1 800 milliards de francs CFA de dette publique sénégalaise, exposant ainsi la Côte d’Ivoire à un risque de contagion régionale.

Les discussions avec le FMI pour un nouveau programme n’ont pas encore abouti.

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