Sénégal : après le limogeage de Sonko, la croissance 2026 ramenée à 2,5% inquiète les marchés

« Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui. » Par cette déclaration faite après son départ de la Primature, Ousmane Sonko a acté la rupture avec Bassirou Diomaye Faye. Ce changement intervient alors que les indicateurs budgétaires et financiers du Sénégal se dégradent déjà, avec une croissance 2026 revue à 2,5% au lieu de 5% dans la Loi de finances initiale.

Avant son limogeage, l’ancien Premier ministre quittait ses fonctions dans un contexte où le PIB nominal a été réduit de 800 milliards de FCFA. Les recettes fiscales restent aussi en deçà des attentes : à fin avril 2026, l’Etat avait mobilisé 1 558 milliards de FCFA, soit 26,2% de l’objectif annuel. Après quatre mois, le retard de collecte dépassait 200 milliards de FCFA par rapport aux prévisions mensuelles, tandis que les investissements publics ont été réduits de 25% et que la dette publique est réajustée à 118% du PIB fin 2026.

Dette, adjudications et pression sur les obligations

Sur le commerce extérieur, le premier trimestre 2026 affiche un excédent de 11 milliards de FCFA, contre un déficit de 461 milliards un an plus tôt. Cette amélioration s’explique par la montée des exportations liée au pétrole, au gaz et aux cours de l’or, mais aussi par une chute de 15% des importations. Les achats de produits finis destinés à l’industrie ont même reculé de 59%, ce qui traduit un net ralentissement de l’investissement privé.

Comme l’écrit Sikafinance, la situation est particulièrement tendue sur le marché régional des titres publics. En mai 2026, le Sénégal n’a levé que 79 milliards de FCFA sur le marché des adjudications, contre 500 milliards en mai 2025. Le pays fait face à des retours de titres sur le marché secondaire, avec de grands investisseurs régionaux allégeant leurs positions en dette sénégalaise. Sur les OAT à 3 ans, l’Etat a aussi rejeté de nombreuses soumissions lorsque les rendements demandés dépassaient ses objectifs, les taux requis franchissant 8%.

Cette tension intervient alors que le Trésor doit rembourser 1 200 milliards de FCFA en juin et juillet 2026, soit l’équivalent de trois mois de recettes fiscales. Sur les marchés internationaux, les Eurobonds sénégalais ont fortement reculé en une journée, selon des données de Tradeweb. Les obligations arrivant à échéance en mai 2033 s’échangeaient autour de 50,6 cents pour un dollar, pendant que Morgan Stanley avertissait d’un risque de défaut de paiement désormais jugé plus élevé.

En novembre 2025, Standard & Poor’s avait déjà abaissé la note souveraine du Sénégal de B- à CCC+, en évoquant une vulnérabilité accrue face aux besoins financiers de court terme.

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Un commentaire

  1. Sonko est incompétent il connait rien de l’état voilà dommage pour nous sénégalais je sais pas pourquoi le bon Dieu nous à envoyer Sonko seule Dieu sais

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