Après le limogeage de Pape Thiaw et la sortie de la Fédération sénégalaise de football continue de susciter des réactions, Chérid Sadio, spécialiste du management sportif, invite l’ancien sélectionneur des Lions à privilégier une communication maîtrisée. Dans une analyse, le Directeur du Développement et des Partenariats de l’Institut Diambars estime que le technicien doit laisser ses avocats défendre ses intérêts et éviter une confrontation médiatique qui pourrait affecter son image et ses perspectives professionnelles.
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D’un point de vue stratégique, Pape Thiaw doit désormais laisser la parole à ses avocats et éviter toute prise de parole publique sur le fond du dossier. À défaut, s’exprimer plus tard. Ce n’est pas une question de savoir s’il a raison ou tort, mais une question de communication, d’image et de gestion de réputation.
Dans le football de haut niveau, un entraîneur est évalué non seulement sur ses compétences techniques, mais aussi sur sa capacité à gérer les crises. Les fédérations, les clubs et les investisseurs recherchent des profils capables de préserver l’institution, de maîtriser leur communication et de désamorcer les tensions. Lorsqu’un technicien entre dans un affrontement médiatique direct avec son employeur, il prend le risque d’être perçu, à tort ou à raison, comme un profil conflictuel.
Une conférence de presse personnelle pour contredire publiquement les différentes versions contradictoires des fédéraux serait une erreur stratégique. Le débat quitterait rapidement le terrain juridique, technique, tactique et organisationnel pour devenir un affrontement médiatique. L’opinion publique retiendrait beaucoup plus le conflit que les arguments de fond.
Thiaw a aujourd’hui un capital image qu’il doit protéger et, dans une certaine mesure, reconstruire. Depuis les événements entourant la finale de la Coupe d’Afrique contre le Maroc, il semble ne plus siéger au sein de la commission technique dont il faisait parti depuis 2019 ou depuis 2017. Quelles qu’en soient les raisons, cette situation impose une gestion particulièrement rigoureuse de sa communication.
Le terrain sur lequel certains fédéraux semblent vouloir l’entraîner est extrêmement glissant. Entrer dans une confrontation publique, répondre aux provocations ou alimenter un débat médiatique serait un suicide professionnel volontaire. Car, en communication de crise, le risque est de déplacer le débat des faits vers les émotions et les perceptions. Or, dans l’opinion publique sénégalaise que je connais bien comme auprès des futurs employeurs qui le suivent, la perception comptera autant que la réalité.
La meilleure stratégie consiste donc à ne pas entrer dans le jeu de ceux qui souhaiteraient personnaliser la crise actuelle. Son combat, s’il estime être dans son droit, doit rester juridique et institutionnel, porté par ses conseils, et non médiatique. Chaque déclaration publique supplémentaire augmente le risque de voir son image se dégrader, alors que le silence stratégique et une communication maîtrisée renforcent souvent la crédibilité d’un professionnel.
Au-delà du Sénégal, l’image d’un entraîneur se construit également auprès des recruteurs étrangers. Les présidents de clubs, les directeurs sportifs et les fédérations observent ces situations avec beaucoup d’attention. Ils peuvent légitimement se poser une question simple : si un entraîneur a été impliqué dans un conflit public avec la fédération de son propre pays, comment réagira-t-il en cas de désaccord avec nous ? Même si cette perception est parfois injuste, elle existe et peut influencer une décision de recrutement.
Il ne faut jamais oublier que le marché des entraîneurs est extrêmement concurrentiel. À compétences égales, les décideurs privilégient souvent le candidat qui présente le moins de risques en matière de gouvernance, de communication et de gestion des relations institutionnelles. La réputation constitue donc un actif professionnel aussi important que le palmarès.
Dans ce contexte, les avocats jouent un rôle beaucoup plus stratégique. Leur mission est de défendre les intérêts de leur client dans un cadre juridique, en s’appuyant sur les faits, les contrats et le droit, sans personnaliser le conflit. Cette distance permet à l’entraîneur de préserver son image professionnelle tout en laissant la procédure suivre son cours.
Je reviens sur l’image et son importance. En communication de crise, il existe un principe fondamental qu’il ne faut jamais négliger : plus le dossier est sensible, plus la communication doit être maîtrisée et limitée. Chaque intervention publique crée de nouveaux angles d’attaque, de nouvelles interprétations et de nouveaux risques. À l’inverse, une posture mesurée, digne et disciplinée renforce souvent la crédibilité d’une personne auprès de l’opinion comme des futurs employeurs.
Aujourd’hui, l’enjeu pour Pape Thiaw ne se limite donc pas à un éventuel différend avec la fédération. Il s’agit aussi de protéger son capital réputationnel. Les procédures judiciaires ont une fin ; la réputation, elle, accompagne un entraîneur tout au long de sa carrière. Une communication sobre, institutionnelle et portée par ses conseils juridiques lui permettrait de défendre ses droits sans compromettre son attractivité sur le marché national et international.
Chérid Sadio
*Directeur du Développement et des Partenariats de l’Institut Diambars et du Diambars Football Club | Professeur de langues | Manager sportif | Ancien Directeur de Casa Sports

Je valide! Il ne doit en aucun cas apporter la réplique car c’est ce qu’ils attendent! On voit bien que c’est cousu de fil blanc! Le contrat était le prétexte depuis le début pour se débarrasser de lui car ils savaient qu’il allait tomber dans le piège tendu pieds et mains liés! Allah est le meilleur juge!
Le president ou le ministre du sport doit demettre tous les membres de cette federation en collaboration avec la CAF et mettre en place un comite de gestion , c une demande publique
Force est de vous rejoindre sur ce point même si, personnellement, je préfère qu’il sorte et balance tout.