Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, a levé un coin du voile de sa feuille de route, hier, à Diamniadio, lors de sa passation de service avec le Pr Daouda Ngom. L’ancien secrétaire général du gouvernement veut faire de l’université sénégalaise un levier de développement économique et social.
Pour y parvenir, il a identifié plusieurs défis urgents : les infrastructures, la stabilisation du calendrier universitaire, l’adéquation de la formation aux besoins de l’économie et l’intégration de l’intelligence artificielle dans le système. « Les partenariats entre les universités et les entreprises doivent veiller à ces paramètres », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de développer une recherche scientifique qui serve de raccourci vers l’émergence. Selon les informations recueillies par lesoleil, le ministre prévoit de lancer une large concertation nationale sur ces enjeux.
Ces défis ne sont pas nouveaux. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait déjà souligné, lors du Conseil des ministres du 11 décembre 2025, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement. Il avait alors demandé au Premier ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur et aux ministres de finaliser l’évaluation de l’application des textes. Le chef de l’État avait pointé la massification des effectifs d’étudiants et l’insuffisance d’enseignants-chercheurs et d’infrastructures comme défis majeurs, et instruit la tenue d’assises dédiées pour amorcer la transformation du système universitaire.
Un appel à l’union et au dialogue
Conscient de la complexité des problèmes du secteur, parfois qualifié de « cadeau empoisonné », Boubacar Camara s’est dit animé d’un esprit positif. Il a invité tous les acteurs – recteurs, enseignants, syndicats, étudiants, personnels – à travailler ensemble. « Il n’y a plus de temps à perdre dans des conflits stériles », a-t-il martelé, prônant un climat de travail apaisé fondé sur la concertation, le dialogue et la culture du respect.
La vision du ministre repose sur la centralité du capital humain, qu’il considère comme le bien le plus précieux de la nation. L’université doit être, selon lui, un « réservoir de connaissances » qui produit et transmet des savoirs tout en transformant la société. Sa mission principale sera de placer enseignants, étudiants et personnels dans des conditions optimales pour remplir ces rôles.
Prenant la parole, le ministre sortant, Pr Daouda Ngom, a dressé un bilan positif de ses neuf mois à la tête du département. Il a cité l’élaboration de la feuille de route issue de l’Agenda national de transformation (Antesri), le recrutement de 500 enseignants, un projet de soutien à la recherche de 2 milliards de FCfa, et une politique de rationalisation des bourses.
