Bloomfield place la note du Sénégal sous perspective négative et la met sous surveillance

La note souveraine du Sénégal passe sous perspective négative, tandis que l’évaluation de court terme en monnaie locale reste fixée à A3. Cette décision s’accompagne d’une mise sous surveillance de l’ensemble de la notation du pays.

Dans son appréciation, Bloomfield relie ce changement à une dégradation de l’environnement politique et institutionnel. Comme l’a rapporté Rewmi, l’agence cite la révocation de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko par le chef de l’État et la dissolution du gouvernement, deux événements qui, selon elle, ont accentué les tensions politiques et institutionnelles.

Des risques politiques et financiers pointés

Bloomfield estime aussi que l’élection de l’ancien Premier ministre à la présidence de l’Assemblée nationale pourrait accroître le risque de blocage institutionnel. L’agence considère qu’un tel scénario pourrait peser sur la continuité des politiques publiques ainsi que sur la coordination économique et budgétaire.

La décision intervient dans une phase déjà marquée par des fragilités financières. Pour la période allant de novembre 2025 à octobre 2026, l’agence signale des tensions sur la liquidité, une pression plus forte sur les finances publiques et des besoins importants de refinancement sur les marchés nationaux et internationaux. Elle relève aussi plusieurs vulnérabilités structurelles, parmi lesquelles la hausse du déficit budgétaire, un niveau d’endettement élevé et une forte dépendance à la dette extérieure, qui représentait 73,4 % de la dette publique en 2024.

Quelques jours plus tôt, le 14 novembre 2025, Standard & Poor’s avait déjà abaissé la note souveraine du Sénégal de B- à CCC+, en évoquant une vulnérabilité importante face aux échéances financières de court terme et une capacité plus faible à absorber de nouveaux chocs budgétaires. Dans la même séquence, la prime de risque souveraine du pays avait atteint 1a0077 points de base, un niveau présenté comme record, avec pour effet de compliquer davantage l’accès aux marchés de capitaux internationaux.

La surveillance engagée par Bloomfield doit maintenant suivre l’évolution de la situation politique et institutionnelle, la stabilité du cadre de gouvernance, le maintien des équilibres macroéconomiques et les conditions d’accès du Sénégal au financement. L’agence indique aussi que l’activité économique, l’exploitation pétrolière et gazière, la progression des recettes fiscales et les réformes de gestion des finances publiques figurent parmi les facteurs de résilience examinés.

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