BCEAO : les petits transferts gratuits, mais les retraits restent hors plafond

Les petits transferts seront gratuits, mais les retraits d’espèces bénéficieront-ils du même encadrement tarifaire ? La BCEAO impose de nouvelles règles aux transactions interopérables dans les huit pays de l’UEMOA à partir du 2 novembre 2026. Elles s’appliquent à une infrastructure conçue pour décloisonner des systèmes de paiement numériques qui limitaient jusqu’alors les transferts entre banques et portefeuilles mobiles, notamment en raison de frais élevés.

Les transferts nationaux entre particuliers ne seront pas facturés tant que leur cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par établissement. Le nombre d’opérations n’est pas limité. Au-delà de ce seuil, les établissements pourront appliquer des frais compris entre 0 % et 0,8 % du montant hors taxes. La réception d’argent restera gratuite, quel que soit le montant.

Les retraits chez les agents ne figurent pas parmi les opérations encadrées par ces nouvelles dispositions. Ils restent donc soumis à la liberté tarifaire des opérateurs, comme les paiements marchands, les paiements de factures, les décaissements de salaires et le crédit. Les retraits de mobile money ne sont ainsi pas concernés par le plafonnement annoncé pour les transferts.

La règle s’applique aux mouvements entre comptes bancaires ou de microfinance et comptes de monnaie électronique ou de prestataires de services de paiement. Les transactions interopérables devront passer par la plateforme PI-SPI de la banque centrale. Wave a rejoint cette plateforme, qui permet les transferts instantanés entre banques et portefeuilles mobiles. En rapprochant des acteurs auparavant séparés, l’interopérabilité pourrait aussi réduire les revenus des opérateurs et redistribuer les positions sur le marché. Les transferts entre pays de l’UEMOA suivront ces conditions à compter du 1er juin 2027.

La PI-SPI comptait 175 participants connectés et plus de 38 millions de personnes ayant accès au paiement instantané, selon les chiffres communiqués par la BCEAO après sa première année et rapportés par Techcabal. L’Union recensait, en 2024, 248,7 millions de comptes de monnaie électronique, dont 76,8 millions actifs. Les dépôts et retraits d’espèces représentaient 56,8 % de la valeur des transactions de monnaie électronique.

La nouvelle tarification remplace un système qui, lors de la première année de la plateforme, rendait gratuits les transferts entre particuliers dans une limite mensuelle. Jeune Afrique indique que cette limite était fixée à 30 opérations par mois.

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