BCEAO : PI-SPI obligatoire, envois nationaux gratuits jusqu’à 8 000 FCFA cumulés/jour/usager

175 structures sont connectées à PI-SPI, la plateforme de paiement instantané de l’UEMOA, qui donne accès à ces services à plus de 38 millions de personnes. Lancée le 30 septembre 2025, elle répond à un problème ancien : les systèmes de paiement numériques de l’Union étaient cloisonnés et les frais élevés freinaient leur adoption. Le réseau s’est rapidement étendu : 74 institutions financières y étaient connectées à la fin de 2025, puis 80 établissements au 24 juin 2026. Au Sénégal, 43 structures y participent, le ratio le plus élevé par pays.

Cette interopérabilité permet les transferts instantanés entre banques, établissements de monnaie électronique et institutions de paiement. Les banques de l’UEMOA avaient jusqu’au 30 septembre 2026 pour intégrer la plateforme. Dans un communiqué publié le 2 octobre, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) précise que, dès le 2 novembre, les transactions interopérables de monnaie électronique devront obligatoirement transiter par cette infrastructure.

La gratuité des transferts UEMOA à l’envoi concerne les opérations nationales dont le cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par participant, sans limite du nombre d’opérations. Selon la BCEAO, ce seuil couvre 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’Union. Les transferts nationaux dépassant ce montant peuvent être soumis à des frais compris entre 0 et 0,8 %, calculés sur le montant hors taxes. À la réception, les transferts sont gratuits, quel que soit leur montant ou leur nombre. Les mêmes conditions s’appliquent aux opérations entre pays de l’UEMOA.

Ces règles s’inscrivent dans une transformation qui touche aussi les opérateurs : l’arrivée de Wave sur la plateforme permet à ses clients d’effectuer des transferts entre portefeuilles mobiles et comptes d’autres établissements. En mettant en relation des réseaux auparavant séparés, l’interopérabilité pourrait redistribuer les positions sur le marché et peser sur les revenus des acteurs. Lesoleil rapporte que la BCEAO présente les mesures comme visant à étendre la gratuité à l’échelle régionale, à renforcer l’inclusion financière et à améliorer la qualité et la disponibilité des services.

Tossouve Renaude Martinie, professionnelle des paiements et de la monétique dans les secteurs bancaire, fintech et mobile money, estime que l’enjeu ne se limite pas à la gratuité. Elle souligne que les acteurs devront notamment revoir les parcours clients, l’intégration de leurs systèmes, la disponibilité des plateformes et la gestion des risques et de la fraude. « Pi-Spi n’est donc pas seulement un moyen de transférer de l’argent », explique-t-elle.

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