À Dakar, les alertes sur la qualité des aliments se multiplient, amplifiées par les réseaux sociaux. Bakary Ndiaye, chef de la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs, détaille, dans les colonnes d’EnQuête+, les rouages du contrôle alimentaire au Sénégal. Sa division, rattachée à la Direction du Commerce Intérieur, a retiré 584 tonnes de produits du marché en 2025.
Le dispositif repose sur deux entrées : pour les produits locaux, une Autorisation de Fabrication (FRA) est délivrée après analyse en laboratoire ; pour les importations, une Déclaration d’Importation (DIPA) est exigée. Une brigade nationale assure ensuite une surveillance post-marché, principalement auprès des importateurs et grandes surfaces. « Nous ne descendons dans les boutiques de quartier que sur signalement », précise M. Ndiaye.
Face à l’impression d’une invasion de produits impropres, Bakary Ndiaye relativise : le phénomène a toujours existé, mais la communication l’a amplifié. Surtout, il met en garde contre la confusion entre produit de mauvaise qualité et produit « malsain ». Le second, trop sucré, salé ou gras, n’est pas toxique en lui-même, mais dangereux en excès. « La norme sénégalaise autorise jusqu’à 55 % de sel dans un bouillon. Si vous cumulez avec le sel de table ou le kéthiakh, le plat devient trop salé. Le problème vient des habitudes culinaires », illustre-t-il.
Ces missions de contrôle ont récemment abouti à des saisies majeures. Le 30 juillet dernier, le ministère de l’Industrie et du Commerce annonçait le retrait de 30 672 canettes de boisson gazeuse BX, 888 bouteilles de BEST et 5 148 sachets de couscous DALIA, à la suite d’alertes sur les réseaux sociaux. Une procédure contentieuse a été ouverte contre le commerçant incriminé.
Bakary Ndiaye pointe toutefois les limites du système : des produits du cru échappent à tout contrôle en passant directement du champ au marché, et l’insalubrité de certains lieux de vente dégrade les denrées. Le numéro vert 800 80 77 77 reste ouvert pour signaler toute anomalie.
