« Nous allons poursuivre la procédure législative enclenchée sereinement, sans pression ni intimidation. » C’est par ces mots que le député Mohamed Ayib Salim Daffé, secrétaire général de Pastef/Les Patriotes et président de son groupe parlementaire, a clos le point de presse tenu ce dimanche à Dakar. Face aux journalistes, il a tenu à rassurer sur le sort de la proposition de loi constitutionnelle n°17/2026, qui doit être examinée en plénière ce lundi 29 juin à l’Assemblée nationale.
Une procédure ancrée dans la Constitution
Ayib Daffé a longuement détaillé l’assise juridique du processus. « Les différentes étapes de la procédure de révision constitutionnelle sont encadrées et conformes aux exigences de la Constitution, notamment l’article 103, et du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale », a-t-il rappelé. Selon lui, la 15e Législature, issue des dernières élections, dispose d’un mandat de réformes et agit dans le strict respect des textes.
Le secrétaire général de Pastef a également balayé les accusations de manque de concertation. « C’est un mauvais procès que de nous reprocher de ne pas privilégier le dialogue et la concertation, car nous avons été parties prenantes des différentes assises et dialogues qui ont abouti à des consensus », a-t-il martelé. Il a cité les Assises nationales de 2009, la Commission nationale de Réforme des Institutions (CNRI) de 2013, le Pacte national de bonne gouvernance démocratique, ainsi que les dialogues nationaux inclusifs sur la justice (2024) et le système politique (2025). À l’en croire, le texte en débat n’est que la traduction juridique de ces recommandations.
Des appels au référendum ignorés
Cette sortie médiatique intervient dans un climat tendu. Samedi, le mouvement citoyen Y en a marre a diffusé une déclaration exigeant un référendum sur toute modification de la Constitution, estimant que celle-ci « appartient au peuple » et ne saurait être changée par une simple majorité parlementaire. D’autres formations de l’opposition et organisations de la société civile ont exprimé des réserves similaires. Pour Ayib Daffé, toutefois, « la polémique politico-juridique en cours dans l’espace public n’en est pas une ». Il a insisté : « Il y a un temps pour le dialogue et la concertation, il y a un temps pour que les institutions jouent leur rôle. »
Ladite proposition de loi, initiée par des députés de Pastef, avait été adoptée en commission mercredi dernier. Elle comporte plusieurs amendements controversés, dont celui porté par Ayib Daffé lui-même sur la haute trahison, destiné à préciser les conditions de mise en cause du chef de l’État. Le vote en séance plénière est programmé pour ce lundi, selon dakarmatin.

