Face aux critiques l’accusant de passage en force, le président du groupe parlementaire Pastef a tenu une conférence de presse ce dimanche pour défendre la proposition de loi portant réforme de la Constitution. Selon les informations rapportées par Actusen, Ayib Daffé a balayé les accusations d’absence de concertation, affirmant que le texte s’appuie sur plusieurs dialogues nationaux.
Des consensus antérieurs aux accusations de précipitation
Le député a énuméré les cadres de dialogue qui ont nourri la réforme : les Assises nationales, la Commission nationale de réforme des institutions, le Dialogue sur la justice de 2024 et le Dialogue national sur le système politique de 2025. « On ne peut pas être dans un dialogue éternel. Il faudra, à un moment, qu’après le dialogue et la concertation, les institutions jouent leur rôle », a-t-il déclaré, selon Actusen, rejetant l’idée que les députés soient « les otages de petits lobbies ou de groupes de pression ».
Cette sortie de Ayib Daffé survient dans un climat tendu, marqué par les critiques de plusieurs acteurs. Récemment, le député Mbaye Dione, secrétaire général de l’AFP, avait émis des doutes sur l’attitude du chef de l’État et pointé une « précipitation suspecte » de Pastef. Un collectif de 46 organisations avait également, en avril dernier, exigé cinq piliers pour valider la réforme, dont la fin de l’hyperprésidentialisme et une définition claire de la haute trahison.
Sur ce dernier point, Ayib Daffé a rappelé l’amendement déposé par son groupe en commission le 25 juin, visant à encadrer la responsabilité du président en cas de haute trahison. Il a aussi défendu l’interdiction pour le chef de l’État d’être chef de parti, une disposition maintenue malgré l’opposition du ministre de la Justice. « Nous avons dit qu’il n’était pas question de supprimer cette disposition parce qu’elle résultait d’un engagement et d’un consensus. Nous devons respecter la parole donnée », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, les députés ont réintroduit l’obligation pour le président de déclarer son patrimoine à son entrée et à sa cessation de fonctions. Ayib Daffé a insisté sur la conformité de la procédure suivie, laissant au chef de l’État la prérogative de soumettre le texte au référendum. « Si le président décide de soumettre la proposition de loi au référendum, c’est sa prérogative. L’Assemblée nationale ne s’y opposera pas », a-t-il assuré, promettant que les travaux se poursuivraient « sereinement, calmement, sans pression ».
