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Au Sénégal, Junior Diakhaté mobilise les réseaux sociaux pour réfectionner les classes délabrées

Suivi par près de 16 000 abonnés sur Twitter, Mamadou Diakhaté, instituteur à Kaolack, profite de sa popularité pour refaire les salles de classe délabrées et les toilettes insalubres dans des établissements scolaires grâce à des appels aux dons sur les réseaux sociaux. Et ça marche : fin août, le lycée Ousmane Sembène de Yoff a fait appel à lui pour réfectionner en urgence six salles de classe. 

Encore deux classes à réfectionner et le lycée Ousmane Sembène de Yoff, la plus grande commune dans le nord de Dakar, sera prêt pour accueillir le 14 septembre, les quelque 300 élèves qui doivent passer le Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) qui marque la fin du premier cycle au collège.

Ils auraient dû être près de 600 élèves à composer dans ce centre d’examen. Mais faute de classes adaptées, le surplus d’élèves a été délocalisé dans d’autres centres. Sur les 33 classes que compte le lycée, seules 12 classes étaient fonctionnelles. Le reste étant dans un état de délabrement très avancé : toitures usées, fenêtres rongées, peintures écaillées.

 

Awa Ndiaye Sarr, la proviseure du lycée a donc fait appel en urgence à Mamadou Diakhaté et son équipe constituée de bénévoles pour réfectionner six classes et permettre le temps de l’examen, au lycée d’accueillir les candidats dans de bonnes conditions.

Pourtant Mamadou, connu également sous le nom de Junior sur les réseaux sociaux n’est ni un maçon ni menuisier. Mais sur Twitter, il s’est fait un nom dans la réhabilitation des établissements scolaires délabrés. Depuis quelques mois, celui qui est également instituteur à Kaolack, à 190 kilomètres au sud-est de Dakar, a entrepris de réfectionner bénévolement les classes qui en ont besoin, grâce à des appels aux dons qu’il lance sur les réseaux sociaux, vidéos à l’appui. Il raconte comment l’aventure a commencé.

“On s’est rendu compte que beaucoup de salles de classe n’étaient pas fonctionnelles”

“Dans toutes les écoles du Sénégal, il y a des problèmes. Et elles n’ont pas toujours les moyens suffisants pour faire face à leurs besoins. Si les toitures ne sont pas usées, ce sont les salles de classe qui manquent, ou les tables-bancs ou le matériel didactique. Les effectifs sont aussi pléthoriques et les enseignants ne sont pas dans de très bonnes conditions de travail.

Au lycée Ousmane Sembène, nous sommes en train d’entamer la cinquième classe. Nous allons pouvoir tenir dans les délais. Nous sommes vraiment contents d’avoir relevé ce défi de réfectionner six classes en moins de trois semaines. Nous avons fait un appel aux dons le 25 août. On avait besoin d’un budget équivalent à 3 000 euros.

Nous avons posté des vidéos des salles de classe sur Twitter. En une journée, nous avons réussi à avoir le premier tiers, et en moins d’une semaine, on avait déjà collecté les deux tiers du montant. Nous avons donc pu démarrer les travaux.

Nous avons refait les toitures qui sont très endommagées. Nous avons placés 26 nouvelles fenêtres et les portes aussi. Et nous sommes en train de refaire la peinture”.

 

“Chaque soir, nous postons les factures sur Twitter pour un besoin de transparence et aussi les vidéos des travaux. Nous montrons aussi tous ceux qui ont cotisé. Les gens ont besoin de cette transparence pour avoir confiance”.

 

 

 

“Tout a commencé en mars. Des amis et moi avons entrepris de sensibiliser les populations sur le virus et distribuer des masques gratuitement, contre le Covid-19. Après un peu plus de deux mois de confinement, les écoles devaient rouvrir en juin. On a décidé de passer dans les écoles pour les nettoyer et permettre aux enfants de revenir dans de meilleures conditions. Mais on s’est très vite rendu compte que dans beaucoup d’écoles, des toilettes ou des classes n’étaient pas fonctionnelles.

Le premier appel aux dons de matériel sur Twitter a été lancé en juin pour refaire les toilettes de l’école élémentaire Issa Kane. Cela s’est fait très vite. Les photos ont été postées sur Twitter. Plusieurs autres écoles ont vu les images sur les réseaux sociaux et ont fait une demande. Au lycée Blaise Diagne, nous avons ainsi rénové les toilettes des filles toujours grâce aux dons des internautes”, raconte celui qui se fait appeler également Niintche sur Twitter.

 

 

Nous avons priorisé les toilettes des filles parce que le plus souvent, elles sont obligées de rentrer à la maison lors des périodes de menstruations à cause d’un manque de commodité à l’école. Elles ratent donc les cours, ça impacte leurs résultats à l’école.

“Quand les enfants sont à l’intérieur, ils voient le ciel”

Awa Ndiaye Sarr, la proviseure du lycée lycée Ousmane Sembène, a le sourire. Sans l’intervention de Junior, elle dit qu’elle aurait attendu au moins un an pour que la direction de la Construction scolaire dépêche des ouvriers pour réfectionner ces classes.

Les classes que Junior réfectionne ont été construites en 1979 et sont très vétustes. Les conditions n’y sont pas idéales pour l’apprentissage et l’enseignement. Quand les enfants sont à l’intérieur, ils voient le ciel. Et quand il pleut, nous sommes obligés de fermer ces classes. Parce qu’on ne peut pas y faire cours.

“Nous avons écrit à l’Inspection d’académie de Dakar. La direction de la Construction scolaire est venue voir ces salles, mais elle ne peut rien faire parce que la réfection de ces classes n’est pas prévue dans le budget 2019-2020.

Or, nous ne pouvons pas attendre parce que nous sommes également un centre d’examen. Ce qui m’a marqué avec Junior, c’est sa promptitude et sa diligence. Je lui ai envoyé des vidéos et il était déjà là le lendemain”, a confié Awa Ndiaye Sarr.

“Les écoles n’ont pas les moyens suffisants pour faire face à leurs besoins”

Junior qui a également créé en 2018, l’association Simple action citoyenne (SAC), affirme avoir reçu en tout une quarantaine de demandes d’établissements scolaires pour y réfectionner soit des classes, soit des toilettes.

“Nous n’avons pas l’ambition de nous substituer à l’Etat. Mais on veut montrer la voix et faire notre part. Les communautés veulent s’impliquer davantage dans l’éducation et avoir un impact. Mais elles ont du mal à trouver les bonnes initiatives. Mais les réseaux sociaux sont un moyen exclusif de faire cela”, a-t-il souligné.

Avec France24 Les observateurs: Article écrit par Hermann Boko (@HermannBoko)

 

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