Au Sénégal, les marchés obligataires ont réagi à contre-courant après l’annonce de l’accord technique conclu avec le Fonds monétaire international (FMI). En deux semaines, les cessions d’obligations souveraines ont atteint 13,1 millions de dollars, alimentant les inquiétudes sur la dette extérieure.
Prévu le 1er septembre, le nouveau programme devait rassurer les investisseurs. Il prévoit environ 2,2 milliards de dollars sur trente-six mois, dans le cadre d’un Mécanisme élargi de crédit (MEDC), pour accompagner les réformes économiques et financières 2026-2029. Son entrée en vigueur reste soumise à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI.
Les titres sénégalais ont pourtant reculé dès l’annonce. Les obligations arrivant à échéance en 2028 ont concentré des ventes record. Les titres libellés en euros, avec la même échéance, ont perdu plus de 8 centimes. Les obligations en dollars à échéance 2048 figuraient également parmi les plus vendues du marché. Ces ventes d’eurobonds du Sénégal traduisent le changement de stratégie d’investisseurs qui espéraient encore éviter un défaut de paiement, selon les journalistes de Bloomberg Ray Ndlovu et Mpho Hlakudi. Cette évolution a été rapportée par senenews.
La restructuration au centre des inquiétudes
La réaction des marchés s’explique surtout par une autre annonce du gouvernement : Dakar veut solliciter un traitement de sa dette extérieure dans le cadre d’une version renforcée du Cadre commun du G20. Ce mécanisme pourrait concerner près de 5 milliards de dollars d’euro-obligations, selon le journaliste de Bloomberg Matthew Hill.
Le ministre des Finances Cheikh Diba a annoncé la convocation prochaine d’une réunion d’information conjointe organisée par le FMI. Elle doit réunir les créanciers multilatéraux, les créanciers bilatéraux officiels et les créanciers privés.
Interrogé par L’Observateur, l’analyste économique et financier Anouar Ayache a lié la nervosité des investisseurs à l’incertitude sur les modalités de l’opération. Plusieurs options restent évoquées : un reprofilage avec allongement des maturités ou une restructuration plus profonde comprenant une réduction du principal. Le traitement des créanciers privés et la contribution directe des eurobonds font également partie des interrogations.
Le mercredi 3 septembre, les obligations sénégalaises ont commencé à rebondir. Ce mouvement a notamment été soutenu par des rachats techniques d’investisseurs ayant vendu à découvert. Cette reprise demeure fragile, les modalités du traitement de la dette n’étant pas encore arrêtées.
Cette séquence intervient après la révélation, en septembre 2024, d’engagements financiers non déclarés contractés sous l’administration précédente. Un audit de la Cour des comptes, validé par une mission du FMI en mars 2025, avait évalué le déficit budgétaire réel de 2023 à 12,3 % du PIB, contre 4,9 % annoncé auparavant, et la dette dissimulée sur la période 2019-2024 à environ 25,3 % du PIB.
En août 2025, une mission du FMI avait par ailleurs estimé le ratio dette/PIB du Sénégal à 118,8 % fin 2024, contre 74,4 % précédemment annoncé. Dans une analyse consacrée à la soutenabilité de la dette, Oxford Economics avait placé les eurobonds et le FMI au cœur des préoccupations des investisseurs.
Le président Bassirou Diomaye Faye a salué l’accord technique lors du Conseil des ministres et félicité le gouvernement pour le travail accompli. Dans l’opposition, Thierno Alassane Sall a décrit l’accord comme une « bouée de sauvetage » et estimé qu’il devait éloigner la perspective d’un défaut de paiement et favoriser une baisse des taux d’intérêt.

Chers Gouvernants, laissez le fmi et Inspirez vous du Modèle de SERIGNE TOUBA comme l’a expliqué Ousmane Sonko devant SERIGNE MOUNTAKHA, LE SOUVERAIN de Touba.