Depuis plusieurs mois, l’Alliance pour la République (APR) enregistre des départs, des repositionnements et des ralliements vers la mouvance présidentielle. Les ralliements des élus APR ont pris une nouvelle dimension après l’appel de Bassirou Diomaye Faye à plus de 300 maires, dont la plupart sont issus de l’ancien parti au pouvoir.
La Chambre des élus de l’APR avait contesté cette initiative. Mais aucune mobilisation durable n’a ensuite été engagée pour retenir les responsables et les élus concernés. À mesure que les départs se multiplient, le parti donne l’image d’une formation davantage occupée par ses débats internes que par la reconquête de ses territoires.
À Kaffrine, le maire Abdoulaye Saydou Sow a annoncé sa démission de l’APR. À Tambacounda, Mamadou Kassé, président du Conseil départemental, a également quitté la formation. Leur ralliement au parti présidentiel est présenté comme probable, sans être encore acté dans les éléments disponibles.
Cette séquence illustre la perte d’influence du parti dirigé par Macky Sall. Les prises de parole publiques se raréfient, les initiatives politiques restent limitées et plusieurs responsables semblent désormais privilégier leur repositionnement individuel. Même les conditions de la mobilisation autour de l’ancien président ont révélé les tensions de l’appareil : l’APR a boycotté son accueil sur le tarmac après la réduction du quota à quatre personnes, tandis que ses dirigeants rejoignaient la foule des militants aux abords de l’aéroport.
La question de l’avenir de Macky Sall alimente en outre les divergences internes. Cheikh Ndiaye, responsable de l’APR à Grand-Yoff, a démenti Mansour Faye au sujet d’un éventuel retour de l’ancien président en 2029 et appelé le parti à se concentrer sur sa reconstruction plutôt que sur ce débat. Cette prise de position traduit la difficulté de l’APR à définir une ligne entre la fidélité à son fondateur et la nécessité de reconstruire une organisation autonome.
Selon l’analyse publiée par senenews, l’APR paraît davantage absorbée par les ambitions internationales de son ancien président, notamment la perspective du secrétariat général de l’ONU, que par la reconstruction de son implantation locale.
La crise s’était déjà manifestée avant la présidentielle de 2024, avec plusieurs candidatures au sein du même camp. Après le scrutin, Amadou Ba s’est éloigné de l’APR, suivi notamment par Cheikh Oumar Hanne, Zahra Iyane Thiam et d’autres responsables.
Aly Ngouille Ndiaye et Abdou Karim Sall sont aussi présentés comme des responsables exposés à l’offensive de la mouvance présidentielle. Abdou Mbow et Aïssata Tall Sall prennent, eux, la parole à l’Assemblée nationale au nom de l’opposition parlementaire.
