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Ambassadeur Palestine : “L’Apartheid, le racisme, le déni des droits humains officiellement inscrits dans la constitution israélienne”

Pendant plus de 70 ans, Israël a été défini comme un « État juif et démocratique », suscitant ainsi une confrontation de concepts et un conflit fondamental entre le système étatique moderne basé sur la justice, l’égalité des droits et la citoyenneté, et celui basé sur une conception ethnico-confessionnelle et communautariste.

On le savait déjà : la citoyenneté israélienne était basée sur des dizaines de lois discriminatoires qui favorisent l’immigration et colonisation juive au détriment des habitants autochtones palestiniens (non juifs). La loi du retour en 1950 est la parfaite illustration de ce déni flagrant des droits historique, civilisationnel et juridique envers les autochtones palestiniens.
Le 19 juillet 2018, c’est l’adoption par la Knesset (le parlement israélien) d’une nouvelle loi discriminatoire et à caractère totalement raciste, il s’agit de la loi sur « l’État-nation du peuple juif » : un événement tournant et trop alarmant.

Israël se prétendait jusqu’ici un État démocratique, alors que ses institutions pratiquent un racisme cruel non seulement envers les Palestiniens, traités en citoyens d’un rang inférieur, mais également à l’égard des Juifs yéménites et éthiopiens, mizrahim… qui ont subi des traitements dégradants et restent la cible de nombreuses discriminations. La nouveauté est que cet état de fait est maintenant officialisé dans ce qui ressemble à une loi constitutionnelle.

L’État israélien devient ainsi dans les textes, et non plus seulement dans la pratique, un État d’apartheid. Il n’a jamais été comme chaque État moderne l’État de tous ses citoyens et il ne le sera plus. C’est inscrit dans cette « Loi ». Mais pourquoi donner à une telle Loi une telle importance, alors que son contenu n’apporte rien de nouveau d’un point de vue pratique sur les vérités socio politique de « l’Etat » israélien ? Pour y répondre, il nous faut passer de la grande politique institutionnelle et constitutionnelle à la petite politique politicienne, et surtout aux détails de ce « deal du siècle » proposé par l’administration américaine de Monsieur Trump et qui a pour objectif la liquidation de la question palestinienne en rendant impossible l’émergence d’un Etat palestinien viable et en reconnaissant Jérusalem capitale d’Israël, et en s’opposant au droit du retour des réfugiés palestiniens sur leur pays d’origine.

Mais avant tout, résumons les dix articles de la « loi sur la Nation du peuple juif» :

1- Israël est la patrie historique du peuple juif ;
2- le symbole de l’État est le « candélabre », son hymne est La « Hatikvah » (L’Espoir) ;
3- la capitale d’Israël est le grand Jérusalem réunifié ;
4- la langue officielle est l’hébreu ;
5- l’État est ouvert à l’immigration juive ;
6- l’État investira des moyens pour conserver ses liens avec les Juifs de l’étranger ;
7- l’État encouragera la colonisation juive ;
8- les calendriers officiels sont les calendriers hébreu et étranger (sic) ; Les journées du « judéocide », du souvenir (des soldats tombés au front) et de l’indépendance sont des journées officielles ;
9- le shabbat et les fêtes (juives) sont des journées chômées ;
10- l’amendement de cette loi ne peut être voté que par une loi fondamentale (constitutionnelle), et ne peut être abolie que par une majorité qualifiée.

Cette loi comporte plusieurs aspects d’une gravité exceptionnelle :

• Elle officialise l’État d’apartheid en Israël même, en affirmant l’inégalité des droits de ses citoyens palestiniens (non juifs) par rapport aux citoyens de confession juive : rétrogradation du statut de la langue arabe, possibilité de réserver des localités aux seuls citoyens de confession juive, droit à l’autodétermination réservé au seul « peuple » juif.
• Elle foule aux pieds les dispositions du « plan de partage » définies par la résolution 181 de l’ONU, acceptée par Israël (de même que la résolution 194 sur le retour des réfugiés palestiniens) comme condition préalable à son admission à l’ONU.
• Elle met en danger les citoyens de confession juive dans le monde entier, en les faisant parties prenantes de son projet hégémonique et colonial : c’est un danger qui a été bien vu par 14 organisations juives américaines qui appellent à s’opposer à cette loi.
Cette loi contredit le judaïsme, il falsifie l’histoire, la mémoire et les valeurs juives. L’imposture de la confusion entre judaïsme et sionisme, aujourd’hui à son paroxysme, a pour but d’enrôler de force les Juifs, en niant leurs diverses nationalités et cultures, dans l’entreprise coloniale et raciste de l’État d’Israël.
• Elle officialise l’annexion de Jérusalem (y compris Jérusalem Est occupée en 1967).
• Elle cite dès la première ligne la « terre d’Israël » en même temps que l’« État d’Israël », renforçant l’ambiguïté sur ses frontières, qui n’ont toujours pas été définies !

Dans ce contexte, la phrase qui définit l’« implantation juive » comme une « valeur nationale » est lourde de menaces en termes systématisation de la politique d’annexion, de colonisation, de vols de terres, comme aujourd’hui à Khan Al-Ahmar, localité palestinienne près de Jérusalem, objet d’une décision israélienne de destruction et d’expulsion.

Lorsque le droit international et les résolutions de l’ONU sont ouvertement violés par une loi « fondamentale », lorsque des conceptions racistes entrent dans la constitution, lorsque l’apartheid est érigé en système, il faut réagir. Tout autre État adoptant ce type de loi fondamentale aurait été immédiatement mis au ban des nations. Israël ne doit pas faire exception. Au moment où l’on célèbre le centenaire de la naissance de Nelson Mandela -symbole universel pour la lutte contre le régime raciste et l’Apartheid- et alors que l’humanité entière s’engage à mettre en œuvre la convention internationale contre le crime d’apartheid, la Palestine reste encore la dernière colonie de la planète et son peuple subit encore le déni des droits et l’apartheid.

L’Etat de la Palestine déclare ce qui suit :

1- Cette loi est considérée une déclaration explicite pour la poursuite de la guerre d’épuration ethnique contre le peuple autochtone de la Palestine « historique », celle qui a été menée sauvagement par les milices israéliennes en 1947-1948 et ce à travers plus de 30 massacres, provoquant ainsi la destruction de 531 villes et villages et l’expulsion de près de 900000 personnes, c’est la Nakba (tragédie) palestinienne.
2- Par l’adoption de cette loi, Israël a mis officiellement terme à sa démocratie « partielle», et à tous propos qu’il était le seul pays démocratique dans la région.
3- Par sa mise en œuvre, Israël réanime la résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations unies prévoyant que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale », cette même résolution a été révoquée en 1991.
4- L’Etat de Palestine ne reconnait aucune loi israélienne, et elles sont toutes illégales et illégitimes.
5- L’Etat de Palestine exige immédiatement un système de protection internationale en faveur du peuple palestinien autochtone, et exige en parallèle des sanctions sévères contre ce régime israélien d’occupation.
6- Le peuple palestinien autochtone poursuit sans relâche sa lutte pour réaliser ses droits nationaux et imprescriptibles dont son droit à l’autodétermination sur sa terre d’origine, et ses aspirations légitimes à la liberté, au retour et à l’indépendance dans un Etat souverain et continu avec Jérusalem « Alqods Al sharif » comme pour capitale.

Dakar, le mardi, 25 juillet 2018

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