Al Aminou Lo condamne les discours xénophobes lors de sa déclaration de politique générale

Alors que sa prestation a été saluée pour sa maîtrise face à une Assemblée nationale hostile, le Premier ministre Al Aminou Lo a aussi porté un message de fermeté contre la stigmatisation des étrangers. La presse sénégalaise l’a décrit comme « imperturbable » et « pugnace », tandis que Walf Quotidien a estimé qu’il avait tenu tête à l’hémicycle.

Devant des députés majoritairement issus du Pastef, le chef du gouvernement a adopté un ton technocratique et s’est concentré sur les réalités économiques. Il a notamment déclaré que le Sénégal s’était appauvri en 2025 et connaîtrait encore un appauvrissement en 2026. Cette approche a été jugée susceptible de rassurer une partie de la population, dans un contexte marqué par les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Une condamnation claire de la stigmatisation

La condamnation par Al Aminou Lo des discours xénophobes a constitué l’un des passages les plus remarqués de cette déclaration de politique générale. Il a dénoncé les intimidations visant des ressortissants de la sous-région et a lancé : « Il faut que cela cesse ». Le Premier ministre a ajouté que de nombreux Sénégalais avaient eux-mêmes des parents originaires des pays voisins, avant d’affirmer que cette stigmatisation ne grandissait pas le pays. Cette prise de position, rapportée par Yahoo, intervient alors que la question migratoire s’est installée dans le débat public depuis le début du mois de juillet.

Sans le citer, le Premier ministre répondait notamment au député nationaliste Tahirou Sarr. Celui-ci accuse des commerçants guinéens de porter préjudice aux intérêts économiques du Sénégal et dénonce ce qu’il considère comme l’inaction de l’État face à la présence de ressortissants nigériens, sierra-léonais et maliens dans les rues de Dakar. Cette orientation reste marginale et est largement contestée par la classe politique, tandis que la société civile réclamait une réaction explicite des autorités.

Sur le volet institutionnel, Al Aminou Lo n’a pas sollicité la confiance des députés, évitant ainsi l’éventualité d’une motion de censure. Dans son intervention, il a également réaffirmé l’Agenda Sénégal 2050 tout en identifiant six difficultés majeures : le contrat social, les finances, la démographie, l’administration, les risques climatiques et l’environnement des affaires.

Tahirou Sarr siège à l’Assemblée nationale depuis novembre 2024.

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