Ce lundi, l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution à l’Assemblée nationale suscite de vives tensions. Deux rassemblements antagonistes sont annoncés aux abords de l’hémicycle, faisant redouter des affrontements entre partisans et adversaires du projet de réforme.
Deux camps face à face
D’un côté, des partis d’opposition, des organisations de la société civile et des mouvements citoyens appellent à manifester contre une révision qu’ils jugent précipitée et insuffisamment concertée. De l’autre, des militants du parti Pastef prévoient de se rassembler pour apporter leur soutien au texte porté par la majorité parlementaire. Cette proximité des mobilisations fait craindre des incidents, malgré les assurances de pacifisme des organisateurs.
Comme le rapporte Senenews, un important dispositif sécuritaire est attendu autour de l’institution. Les forces de défense et de sécurité devraient être fortement mobilisées pour éviter tout débordement et séparer les groupes rivaux.
Cette journée sous tension s’inscrit dans un climat politique déjà lourd. Fin mai, l’ancien président du think-tank Afrikajom Center, Alioune Tine, avait alerté sur les risques démocratiques liés aux relations conflictuelles entre l’exécutif et le Parlement, alors présidé par Ousmane Sonko. Il appelait à une mobilisation pacifique pour contrer ce qu’il qualifiait de « guérilla » parlementaire.
Les opposants à la réforme estiment qu’une modification de la Loi fondamentale exige un large consensus national, et non le seul appui d’une majorité parlementaire. Le mouvement citoyen Y’en a marre, notamment, réclame un référendum pour conférer une légitimité populaire à toute révision constitutionnelle.

