Comment promouvoir un usage responsable du numérique auprès des jeunes Sénégalais ? L’Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS) a posé cette question à Saint-Louis, lors de la Journée de la citoyenneté et de l’excellence organisée dans le cadre du Camp Daara 2026.
La rencontre, marquée par une randonnée pédestre, se tient pendant le camp prévu du 5 au 13 septembre dans la ville. L’association a choisi de sensibiliser les élèves et les étudiants aux effets des plateformes numériques, devenues importantes dans l’information, les échanges et les relations sociales.
Le discours présenté par Ibrahima Diallo, responsable du Département de l’Éducation citoyenne de l’AEEMS, décrit plusieurs dérives : propos haineux, violence verbale, insultes, cyberharcèlement, fausses informations, contenus obscènes et atteintes à la vie privée. L’organisation estime que ces pratiques fragilisent le respect, la responsabilité, la discrétion et la pudeur. Elle alerte aussi sur les messages visant des personnes ou des groupes à cause de leur appartenance ethnique, régionale ou politique.
Dans un article publié par lesoleil, l’AEEMS reconnaît toutefois aux réseaux sociaux un potentiel éducatif et spirituel. Elle demande un changement des comportements et la création d’un cadre d’action et de régulation en faveur d’un cyberespace éthique.
Cette démarche, selon l’association, doit réunir l’État, les familles, l’école, les acteurs sociaux et la jeunesse. Les jeunes sont invités à renforcer leur autodiscipline numérique. Les parents doivent consolider la transmission des valeurs, tandis que l’école est appelée à développer le civisme numérique.
L’AEEMS demande également à l’État de mettre en place une régulation juridique efficace des plateformes, tout en protégeant la liberté d’expression et les droits fondamentaux. Le Camp Daara 2026 entend par ailleurs offrir aux jeunes un cadre d’éducation, de formation et de transmission des valeurs.
Le Sénégal comptait 11,5 millions d’utilisateurs d’internet en octobre 2025, soit un taux de pénétration de 60,6 %.
L’article est signé Jeanne Sagna, correspondante.
