Comment faire des territoires les véritables moteurs de la transformation nationale ? Le président Bassirou Diomaye Faye a apporté des éléments de réponse, jeudi à Diamniadio, lors d’une rencontre avec les exécutifs territoriaux. Il y a dévoilé les grandes orientations de l’Acte 4 de la décentralisation, un projet qui vise à refonder la gouvernance territoriale du Sénégal.
Selon l’APS, qui a couvert l’événement, le chef de l’État a articulé sa vision autour de quatre axes majeurs. Le premier concerne la modernisation de l’organisation territoriale, avec le renforcement de la proximité de l’action publique et une clarification des responsabilités entre les acteurs.
La deuxième orientation fait de la performance, de l’équité territoriale et du renforcement de l’ingénierie territoriale les principes directeurs de l’action gouvernementale. Selon le président, cette approche vise à améliorer l’accompagnement des collectivités, à valoriser les initiatives locales et à mieux évaluer les résultats de chaque territoire.
Mais c’est sur la question des moyens que Bassirou Diomaye Faye a le plus insisté, jugeant qu’il ne saurait y avoir de responsabilités accrues sans ressources adéquates. Il a ainsi annoncé la réforme du Fonds de dotation de la décentralisation et du Fonds d’équipement des collectivités territoriales, afin de mieux répondre aux besoins des territoires et d’améliorer la prévisibilité des financements. Une révision progressive du mécanisme d’indexation sur la TVA pourra également être envisagée, a-t-il précisé, avec pour ambition d’augmenter les transferts financiers vers les collectivités.
Enfin, la quatrième orientation promeut la coopération entre les territoires, la mutualisation des moyens, la transparence et la bonne gouvernance. Dans cette logique, la réforme des pôles-territoires doit en faire « des instruments de cohérence, de solidarité et de performance », a ajouté le président.
Cette annonce intervient alors que l’autonomie financière des 553 communes sénégalaises plafonne à 46 % en moyenne. Depuis l’Acte I de 1972, qui avait créé les communautés rurales, chaque vague de réforme a cherché à renforcer les capacités des collectivités, sans jamais atteindre pleinement cet objectif. Lors des concertations préalables à l’Acte 4, 80 % des élus locaux avaient rejeté une option jugée trop radicale, préférant une évolution progressive du cadre existant.

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Ana xalissbi