Accord avec le FMI : le Carrefour citoyen appelle à protéger les ménages

Le Carrefour citoyen des Républicains unis de Bounama Tall accueille favorablement l’accord récemment conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Pour le mouvement, ce compromis marque un retour progressif à des rapports normalisés entre Dakar et les institutions financières internationales.

Le grand face-à-face avec le FMI s’est inscrit dans une mission attendue à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026 pour discuter d’un nouvel accord. La délégation était conduite par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal. Ces échanges ont replacé la trajectoire budgétaire, les besoins de financement et les mesures de soutien à l’économie au cœur des discussions.

Cette nouvelle étape intervient alors que les perspectives restent particulièrement tendues. Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Sénégal, à 2,2 % en 2026, tandis que le déficit du compte courant devrait atteindre 6,2 % du PIB. Dans ce contexte, la reprise des paiements sociaux et la réduction des arriérés publics apparaissent comme des enjeux économiques autant que sociaux.

Dans sa déclaration, relayée par xalimasn, le Carrefour citoyen estime que la conclusion de cet accord devrait être accueillie favorablement par les Sénégalais, quelle que soit leur sensibilité politique. Le mouvement y voit le signe d’un dialogue renoué avec les institutions de Bretton Woods et d’une confiance qui se reconstruit avec les partenaires économiques et financiers du pays.

Le mouvement replace toutefois cet accord dans une séquence financière mouvementée. Il rappelle qu’un programme d’environ 1,8 milliard de dollars avait été signé avec le FMI à la fin de l’ancien régime, avant d’être suspendu après les révélations et interrogations portant sur la situation véritable des finances publiques et sur l’existence présumée d’une dette non déclarée.

Près de trois ans plus tard, le Sénégal a conclu un nouvel accord d’environ 2,2 milliards de dollars dans un environnement économique et financier difficile. La croissance attendue à 2,2 % et le déficit du compte courant projeté à 6,2 % du PIB en 2026 illustrent l’ampleur des contraintes auxquelles le pays doit faire face. Pour Bounama Tall et ses soutiens, cette nouvelle étape doit donc être abordée avec lucidité : le temps perdu et le coût de l’incertitude doivent être regrettés, mais l’action doit désormais se porter sur la relance.

« L’heure n’est plus aux procès politiques permanents. L’urgence est de remettre le pays au travail, de restaurer la confiance et de créer les conditions d’une reprise durable », estime le Carrefour citoyen.

Les ménages et les entreprises au premier plan

Parmi les priorités relevées par le Carrefour citoyen figure le redémarrage des versements liés aux bourses de sécurité familiale, ainsi que leur élargissement à l’approche de la rentrée scolaire. Le mouvement considère cette décision comme un appui concret aux foyers les plus exposés aux difficultés économiques.

Le Carrefour citoyen salue par ailleurs le règlement partiel des sommes dues par l’État aux entreprises. D’après les Républicains unis, l’apurement de ces arriérés doit redonner de la trésorerie aux acteurs économiques, contribuer à maintenir les emplois et favoriser la reprise graduelle de l’activité.

« Une économie ne peut fonctionner durablement lorsque l’État accumule des dettes envers ceux qui produisent, investissent et emploient », souligne le mouvement.

Un environnement des affaires à réformer

Pour le Carrefour citoyen, l’obtention de financements extérieurs ne constitue qu’un point de départ. Le mouvement plaide pour des changements capables de rassurer les investisseurs, de mieux protéger l’investissement privé et de favoriser l’arrivée d’investissements directs étrangers.

Le Sénégal conserve, selon lui, des ressources économiques importantes. Leur potentiel ne pourra cependant être pleinement exploité qu’à la condition de proposer aux investisseurs des règles plus lisibles, davantage de transparence et un cadre compétitif. Cette exigence est d’autant plus forte que le ralentissement des perspectives de croissance limite les marges de manœuvre de l’État et renforce la nécessité de mobiliser l’investissement privé.

Un appel au dépassement des clivages

Face aux difficultés persistantes, le Carrefour citoyen des Républicains unis invite la classe politique, le secteur privé, les organisations de la société civile et les citoyens à dépasser les clivages partisans.

Il demande que l’accord avec le FMI soit considéré comme une opportunité pour stabiliser la trajectoire économique du Sénégal et renouer avec ses partenaires internationaux, plutôt que comme la victoire d’un camp sur un autre.

Le mouvement salue aussi l’ouverture du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye envers la communauté internationale, qu’il présente comme un facteur ayant contribué à la reprise du dialogue avec les partenaires financiers du pays.

Bounama Tall appelle enfin à combiner discipline budgétaire, soutien aux ménages, relance de l’entreprise privée, amélioration du climat des affaires, mobilisation des investissements et restauration de la confiance.

« Le pays a suffisamment perdu de temps. L’heure est venue de transformer cette nouvelle étape en un sursaut salvateur, au service de l’économie, des entreprises, des familles et de la jeunesse sénégalaise », déclare Bounama Tall.

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