Tahirou Sarr questionne la contribution des étrangers à l’effort national

Le nouvel accord financier conclu entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) intervient alors que la dette publique et la mobilisation des recettes alimentent le débat national.

Cette relation avec le FMI ne se résume toutefois pas à une question de financement. Elle implique aussi d’assumer des choix de politique économique et leurs effets sur les ménages. Abdourahmane Sarr estimait ainsi que « l’ajustement des prix du carburant était certainement un premier pas vers la convergence avec le FMI », rappelant que le débat ne consiste pas à être pour ou contre le Fonds, mais à assumer les orientations retenues.

Dans une publication rapportée par Xalima, le député Tahirou Sarr revient sur ce nouvel accord et met en avant la question de la participation des étrangers aux charges collectives. Il rappelle que cette population profite de l’activité économique, des infrastructures et des services publics du Sénégal.

Le parlementaire indique d’abord : « Nous prenons acte du nouvel accord entre l’État du Sénégal et le FMI ». Il chiffre à près de 1 537 milliards de francs CFA le niveau d’engagement financier auquel le Sénégal serait exposé.

Tout en reconnaissant le rôle des étrangers dans l’économie nationale, par le travail, l’entrepreneuriat et la consommation, Tahirou Sarr juge nécessaire de mieux considérer leur contribution fiscale et administrative. Il cite notamment les impôts, les taxes, les titres de séjour et les autres obligations administratives, déplorant « Une forte présence étrangère qui ne contribue point réellement par l’impôt, les taxes, les titres de séjour et les autres obligations administratives ».

Son interrogation porte également sur la poursuite de l’endettement public : dans certaines situations, estime-t-il, les financements contractés par l’État pourraient bénéficier davantage aux étrangers qu’aux Sénégalais.

Le député évoque les difficultés auxquelles font face les populations sénégalaises, entre poids de la fiscalité, chômage et hausse du coût de la vie. Il refuse toutefois que ses propos soient interprétés comme une contestation de la présence étrangère.

« Nous ne sommes pas contre les étrangers. Nous sommes contre une immigration sans politique de contribution proportionnelle », affirme le député.

À ses yeux, l’hospitalité du Sénégal ne peut conduire les citoyens à assumer seuls une part excessive des coûts collectifs. « La Teranga ne peut pas être financée à crédit par les Sénégalais pour devenir un avantage économique sans contrepartie suffisante pour ceux qui en bénéficient », soutient Tahirou Sarr.

Il demande donc une révision des mécanismes applicables à ceux qui résident au Sénégal et tirent leurs revenus de son économie. « Quand le Sénégal s’endette, ceux qui vivent de l’économie sénégalaise doivent aussi participer à l’effort national », martèle le député.

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