Abdourahmane Sarr estime nécessaire d’attendre la publication des détails de l’accord avec le FMI

À la suite de l’accord conclu entre les services du Fonds monétaire international et les autorités sénégalaises, Abdourahmane Sarr a réagi aux perspectives ouvertes pour le pays. L’ancien ministre de l’Économie et ancien économiste du FMI considère qu’un financement accordé à des conditions favorables peut être une bonne nouvelle. L’accord de principe porte sur un prêt de 2,2 milliards de dollars, alors que la dette du Sénégal est désormais estimée à 132 % du PIB.

Abdourahmane Sarr estime toutefois que cet accord ne doit pas détourner le Sénégal de ses objectifs de transformation systémique liés à la Vision 2050 et au plan quinquennal. Il juge nécessaire d’attendre les détails de l’entente pour en mesurer la portée. Il rappelle que le FMI considère la dette sénégalaise comme non viable et que les autorités ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de cette dette.

La question de la fiabilité des chiffres reste au cœur du dossier. Le ratio dette/PIB, présenté à 74 % avant les vérifications, a été réévalué à 118,8 % par le FMI. Cette dette volontairement cachée et maquillée a été révélée par le travail conjoint de l’audit et des missions de l’institution. Le Dr Babo Amadou Ba parle ainsi de « falsification budgétaire de l’ancien régime », tandis qu’Abdourahmane Sarr considère que l’existence d’une dette non déclarée ne devrait plus faire polémique. Selon lui, l’enjeu porte désormais sur le « misreporting », c’est-à-dire la transmission de données qui ne reflétaient pas le niveau réel de l’endettement du pays. Il affirme néanmoins que, selon son analyse, l’endettement actuel demeure soutenable.

La réaction d’Abdourahmane Sarr à l’accord avec le FMI porte aussi sur les conditions du financement attendu. Selon lui, le financement catalytique ne pourrait pas servir à combler un besoin provenant de dépenses jugées improductives par l’institution, notamment les subventions énergétiques non ciblées. Le FMI privilégierait plutôt des transferts monétaires destinés aux populations vulnérables.

Dans des propos relayés par exclusif, l’ancien ministre souligne qu’aucune stratégie de développement ne peut être conduite sans un cadre macroéconomique solide. Il revient aussi sur la dette dite cachée et la procédure liée au misreporting. Pour lui, les responsabilités doivent être établies, car « rien de durable ne peut se construire sur le mensonge et la dissimulation ».

Dans ce contexte, Ousmane Sonko demande la publication du mémorandum conclu avec le FMI ou, à défaut, sa transmission à l’Assemblée nationale. Cette exigence vise à documenter les engagements associés au prêt et à éclairer le débat public sur la trajectoire de la dette, après la révision spectaculaire des chiffres.

Abdourahmane Sarr estime enfin que le rétablissement des équilibres budgétaires, la baisse des charges d’intérêts et la redistribution des ressources publiques ne suffiront pas à changer la situation du pays. Il appelle à une transformation systémique fondée sur la libération des énergies des Sénégalais et considère que l’organisation actuelle de l’État a montré ses limites.

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