Le conflit au sommet de l’État sénégalais entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko relevait d’une lutte de pouvoir, selon le professeur Abdou Aziz Mbodj. Dans une interview diffusée par Seneweb, l’universitaire livre une analyse sans concession de cette rupture.
« Il y a eu véritablement des enjeux de pouvoir, de domination et d’accaparement », a-t-il déclaré. Selon lui, le président a été délibérément affaibli par son propre camp. Il rappelle notamment le refus de l’ancien Premier ministre de contresigner un décret présidentiel, un acte qui pose un problème institutionnel majeur.
Le professeur pointe aussi le boycott de la tournée économique du chef de l’État par des responsables issus de sa famille politique. « Ce qu’on a vécu, c’était une tentative d’affaiblir le président, de l’humilier et de le pousser à la démission », soutient-il. Abdou Aziz Mbodj considère que le président a été « abandonné par ses compagnons pour des enjeux de pouvoir ».
La rupture avait atteint son point culminant le 22 mai 2026, lorsque Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko de la Primature, sur fond de découverte d’une dette cachée de près de 11 milliards de dollars. Depuis, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, tandis que le Pastef, son parti, a boycotté le gouvernement formé en juin 2026. Plus récemment encore, des cadres comme Khouraichi Thiam, directeur général du FAISE, ont quitté le parti pour rejoindre la dynamique présidentielle.
Pour Mbodj, le président n’a pas rompu avec le Pastef : c’est le Pastef qui a choisi l’opposition. Il voit dans la création d’une nouvelle force politique autour de Diomaye Faye un espace pluraliste capable de porter l’action présidentielle. L’universitaire insiste sur la nécessité pour un parti au pouvoir de fonctionner démocratiquement, avec débat contradictoire et renouvellement des instances.
Abdou Aziz Mbodj reconnaît la dimension personnelle de la crise, mais rappelle que l’exercice du pouvoir impose de distinguer sentiment et responsabilité. « Le choix de se libérer du Premier ministre était un choix fondamental », estime-t-il. Le 23 juillet 2026, Khouraichi Thiam a officiellement annoncé sa démission du Pastef et son ralliement au président Bassirou Diomaye Faye.

Totalement à côté de la plaque. Diomaye a été élu pour un projet, une rupture avec l’ancien système. En regardant seulement ceux qui l’entourent, on sait qu’il a abandonné le projet depuis longtemps au profit des intérêts crypto-personnels. On savait qu’il y avait l’avant, le pendant et l’après 08. Le cocotier a été secoué et tous les fruits pourris tombent. Pastef poursuit son chemin pour un vrai changement systémique.