À Saint-Louis, l’APALS affirme que le GTA affecte près de 400 pirogues et 1 400 personnes

Lors d’un forum organisé jeudi à Saint-Louis, les pêcheurs à la ligne de la Langue de Barbarie ont lancé localement leur campagne « Notre mer, nos droits, notre avenir ». Après son lancement à Dakar par l’organisation de la société civile SynDev et des pêcheurs artisanaux, ils réclament la protection du récif de Diattara et le maintien de leur droit d’y pêcher, dans une zone qu’ils estiment affectée par les activités gazières.

Le président de l’Association des pêcheurs artisanaux à la ligne de Saint-Louis (APALS), El Hadj Dousse Fall, a expliqué que la rencontre devait permettre d’exposer les difficultés du secteur. Il associe le recul de la pêche artisanale aux départs de jeunes sur les routes de l’émigration clandestine et aux pertes humaines qui, selon lui, en ont résulté. L’enjeu dépasse les seuls équipages : les pêcheurs cherchent à faire entendre des revendications communes pour défendre une activité dont dépendent aussi les autres métiers de la filière.

Près de 400 pirogues, habituellement en campagne pendant l’hivernage, resteraient à quai, a indiqué le responsable. Les pêcheurs disent que les restrictions d’accès au récif de Diattara touchent plus de 400 pirogues, et El Hadj Dousse Fall estime que près de 1 400 personnes sont affectées au total. Dans le récit de Ndarinfo, les pêcheurs accusent BP de torchage à Saint-Louis et affirment que l’opérateur n’aurait pas d’autorisation pour cette pratique. El Hadj Dousse Fall appelle le gouvernement à faire respecter par BP et Kosmos leurs engagements envers les communautés de pêcheurs.

Au large de la Langue de Barbarie, le récif de Diattara compte parmi les principales zones de pêche des lignards de Guet Ndar. Depuis l’installation des infrastructures gazières, les pêcheurs dénoncent la présence de BP dans cette zone et les restrictions d’accès aux eaux poissonneuses. Cette mobilisation s’inscrit dans un effort plus large pour porter leurs demandes auprès des acteurs concernés : Greenpeace Africa a réuni à Saint-Louis des pêcheurs et des transformatrices autour des conséquences environnementales de la production gazière, dans le cadre de son « Advocacy Tour », afin de contribuer à l’élaboration d’une plateforme de revendications communes.

Leur plainte contre BP et Kosmos Energy, déposée avec l’ONG Lumière Synergie pour le Développement, a franchi une étape le 6 février 2026 : après plus d’un an et demi de procédure, le Point de contact national britannique de l’OCDE lui a donné suite, ouvrant la voie à une médiation. Cette décision offre aux communautés côtières un levier supplémentaire dans leur bras de fer avec les opérateurs du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). El Hadj Dousse Fall affirme que les pêcheurs ont aussi informé des instances des Nations unies que la zone de Diattara avait été touchée sans compensation.

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