À Saint-Louis, les pêcheurs disent que l’accès restreint à Diattara touche plus de 400 pirogues

Le récif de Diattara est au cœur d’une campagne lancée mardi à Dakar par l’organisation de la société civile SynDev et des pêcheurs artisanaux à la ligne de Saint-Louis. Leur initiative réclame la préservation de cette zone et le maintien de l’accès des pêcheurs, alors que ceux-ci l’estiment affectée par les activités gazières.

La campagne, intitulée « Notre mer, nos droits, notre futur », s’inscrit dans un effort plus large des communautés de pêche de Saint-Louis pour faire entendre leurs revendications face aux activités gazières. Les 9 et 10 septembre, pêcheurs, transformatrices et représentants communautaires ont participé à un atelier de Greenpeace Africa consacré au plaidoyer et au signalement des incidents en mer. L’objectif est de leur donner les moyens de documenter les difficultés, de formuler des demandes précises et de les présenter aux autorités et aux acteurs concernés.

Cette mobilisation collective répond notamment aux conséquences environnementales de la production gazière au large de la ville, située à proximité du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Greenpeace Africa inscrit ces rencontres dans son « Advocacy Tour », mené sur différents sites concernés par les activités pétrolières et gazières ainsi que par certaines pratiques de pêche. À Saint-Louis, l’organisation entend aider pêcheurs et transformatrices à établir une plateforme de revendications communes.

Le lancement de la campagne a été rapporté par Ndarinfo. Aladji Dousse Fall, président des pêcheurs artisanaux à la ligne de Saint-Louis, a rappelé que l’association avait déjà porté ses griefs contre BP devant le Point de contact national britannique au sujet du projet gazier GTA, et avait obtenu leur reconnaissance.

Selon M. Fall, les restrictions d’accès à ce lieu de pêche traditionnel concernent directement plus de 400 pirogues et près de 1 700 personnes. Il a demandé pourquoi la multinationale présente dans la zone ne privilégiait pas une véritable cohabitation avec les pêcheurs. Il a également appelé l’État à demander aux entreprises concernées de tenir compte des effets de leurs activités gazières sur les communautés.

Aly Sagne, directeur exécutif de SynDev, a exhorté les entreprises à réparer les conséquences de leurs activités sur les communautés. Il a aussi décrit le récif comme un patrimoine social et culturel, ajoutant que les impacts devaient être réparés.

Le récif de Diattara est une formation rocheuse naturelle, réputée poissonneuse, au large du fleuve Sénégal, à Saint-Louis. Le lancement de la campagne s’est tenu en marge d’une réunion de stratégie du Forum africain des entreprises et des droits de l’homme consacrée au rôle des organisations de la société civile et des communautés touchées.

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