Jusqu’à 50 milliards de dollars par an : c’est le coût de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) pour l’économie mondiale, selon des experts. Pour y faire face, quatorze pays côtiers ont adopté une déclaration à Mombasa, au Kenya, visant à renforcer la transparence dans le secteur et à endiguer ce fléau.
Parmi les signataires figure le Sénégal, aux côtés du Ghana, de la Guinée, du Liberia, du Cameroun, de la France pour ses territoires ultramarins et de la Corée du Sud. L’Afrique de l’Ouest concentre à elle seule 20 % des activités mondiales de pêche INN, selon des données de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP) rapportées par nos confrères de RFI Afrique.
Une crise aux conséquences locales
Au Sénégal, la raréfaction des ressources halieutiques pousse les pêcheurs artisanaux à s’aventurer toujours plus loin. Sur la Petite Côte, entre Mbour et Joal-Fadiouth, les pirogues parcourent désormais 40 à 60 kilomètres en mer, contre 15 kilomètres auparavant, et rentrent souvent vides après dix heures de pêche, rapportait en novembre 2025 notre confrère Sud Quotidien. Cette situation alimente l’émigration clandestine, selon Bassirou Diarra, responsable du bureau de Dakar de l’ONG Environmental Justice Foundation, qui a participé à l’élaboration de la déclaration de Mombasa.
La déclaration de Mombasa prévoit un renforcement de la coopération entre États pour traquer les navires en infraction et protéger les zones de pêche artisanale. L’Union nationale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (UNAPAS) réclame de son côté le verrouillage immédiat de la limite maritime pour empêcher les incursions de navires industriels, une mesure déjà au cœur de leurs revendications en février 2026.


