Au ministère des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dieye prend la main sur un dossier où se croisent licences, stocks halieutiques et pêche illicite. La nouvelle ministre arrive dans un secteur marqué, selon pressafrik, par la surpêche et la baisse de certaines ressources, dont les sardinelles.
La séquence la plus disputée concerne la décision du Dr Fatou Diouf, ministre sortante, d’assouplir en partie le gel des licences liées au merlu. Cette mesure rompt un moratoire de vingt ans. Le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES) a réagi en parlant d’une « forfaiture maquillée en cause nationale » et en dénonçant l’entrée dans les eaux sénégalaises d’un opérateur qu’il qualifie de « fraudeur multirécidiviste ».
Devant l’Assemblée nationale, le Dr Fatou Diouf a défendu son action en mettant en avant les infrastructures modernisées et l’approvisionnement du marché local. Le patronat rejette l’argument de la sécurité alimentaire et dit craindre le maintien du « carton jaune de l’Union européenne » pour insuffisance dans la lutte contre la pêche illégale.
La prudence affichée par Amy Mara Dieye
Amy Mara Dieye privilégie, à ce stade, la prudence et les échanges avec les acteurs. Elle s’est engagée à examiner le dossier « en profondeur » et à prendre des « actions correctives si besoin est ». L’enjeu ne se limite pas au merlu : en mai 2026, quatre licences de pêche démersale côtière avaient été attribuées à un armement sénégalais après la Commission consultative d’Attribution des Licences de Pêche du 12 mai 2026, avec l’objectif annoncé d’alimenter le marché national.
À l’échelle ouest-africaine, la Commission sous-régionale des pêches a évalué à 20 % la part de la pêche illicite mondiale concentrée dans la sous-région. Au Sénégal, le Syndicat des Travailleurs de la Pêche (SYTRAPAS) a félicité Amy Mara Dieye tout en saluant les acquis sociaux attribués au Dr Fatou Diouf, dont les primes sécurisées et les conditions de travail améliorées pour les agents. Le SYTRAPAS rappelle que la pêche répond à 70 à 75 % des besoins de la population en protéines animales et demande à la nouvelle autorité de s’appuyer sur les ressources humaines internes et d’installer un « dialogue social permanent ».
