Quatre licences, et non cinq. C’est la précision apportée vendredi par la ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf, devant l’Assemblée nationale, lors d’une séance de questions au gouvernement tenue en présence du Premier ministre Ousmane Sonko. Elle a soutenu que l’attribution récente de licences de pêche démersale côtière avait été faite dans le strict respect du Code de la pêche et de ses décrets d’application.
La ministre a indiqué que, depuis son arrivée en 2024, deux licences seulement ont été signées après contrôle des formalités administratives, sur un total de quatre demandes introduites. Elle a aussi rappelé que des opérateurs historiques disposent déjà de volumes bien plus importants, certains allant jusqu’à 36 licences obtenues auparavant, avec dans certains cas des paiements toujours en attente depuis 2020.
Cette mise au point intervient alors que la pêche démersale côtière continue d’alimenter des contestations dans le secteur. En mai 2026, la CONAPED avait jugé dangereuse l’ouverture à cinq navires industriels et contesté l’arrêté n°30.04.2026*009965. La coalition reprochait notamment aux autorités d’avoir retenu un potentiel exploitable de 2 921 tonnes sans intégrer, selon elle, toutes les réserves formulées par les scientifiques. De son côté, la ministre avait déjà défendu un dégel partiel fondé sur des documents scientifiques et rappelé que le gel des licences remontait à plusieurs années.
Fatou Diouf a également replacé ce dossier dans la réforme plus large du secteur. La révision générale du Code de la pêche a été lancée en octobre 2025 et un rapport préliminaire est déjà bouclé. L’objectif affiché est d’ajuster les règles entre les exportations de produits halieutiques, la souveraineté alimentaire et l’approvisionnement du marché national. Selon les données reprises par Pressafrik, le Sénégal a exporté 259 805 tonnes en 2023 sur une production de 421 292 tonnes, soit 53,92%. En 2024, les exportations ont représenté environ 52% du volume global, avec 230 072 tonnes sur 448 756 tonnes produites.
La ministre a ajouté que les orientations arrêtées lors du conseil interministériel de mai 2025 portent aussi sur la sécurité alimentaire et la sénégalisation du pavillon maritime. Elle a enfin affirmé que toute future décision d’exploitation devra s’appuyer sur une évaluation scientifique préalable des stocks, en citant des données de recherche qui situent à environ 3 000 tonnes la biomasse disponible pour certaines espèces dans les eaux sénégalaises.