À Djifère, dans la commune de Palmarin, les professionnels de la pêche disent subir les effets de l’exploitation pétrolière au large de Sangomar. Leur Conseil local de la pêche artisanale a organisé une rencontre avec Greenpeace Afrique sur les difficultés du secteur et l’érosion côtière.
Les pêcheurs de Djifère décrivent les effets de l’exploitation pétrolière sur leurs activités. Le coordonnateur du Conseil local, Souleymane Thiaw, affirme qu’un périmètre de sécurité de 500 mètres autour de la plateforme leur interdit désormais d’approcher avec leurs pirogues une zone où ils travaillaient auparavant.
Selon lesoleil, les acteurs locaux signalent aussi la raréfaction de certaines espèces qui, selon eux, se reproduisaient près des côtes. Souleymane Thiaw estime que cette situation touche pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices. Il déplore également l’absence de suivi des engagements pris lors de précédentes rencontres avec les exploitants pétroliers.
Cette étape de la campagne « Océans » de Greenpeace Afrique vise à recueillir les préoccupations des communautés sur le pétrole, le gaz et l’érosion côtière. À Saint-Louis, où les activités du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim se déroulent au large de la ville, Greenpeace Africa a réuni les acteurs de la pêche les 9 et 10 septembre pour examiner les conséquences environnementales de la production gazière. Cette démarche s’inscrit dans un « Advocacy Tour » mené sur différents sites concernés par les activités pétrolières et gazières, ainsi que par certaines pratiques de pêche. L’objectif est aussi de donner aux pêcheurs et aux transformatrices les moyens de bâtir une plateforme de revendications communes, afin que les difficultés exprimées dans les différentes zones puissent déboucher sur des demandes collectives. Après des rencontres à Saint-Louis, Lompoul et Kayar, l’organisation prévoit de rassembler les propositions recueillies pour élaborer un plan d’action. L’APS rapporte que Greenpeace compte ensuite accompagner les activités retenues dans les zones concernées.
Le chef du village, Cheikh Sadibou Diamé, met en avant l’érosion côtière et demande la construction d’une digue de protection. Il avertit que si Djifère disparaît, Palmarin, Dionewar et Niodior pourraient également disparaître.



