Saly : après la restauration de 325 000 m² de plage, l’enjeu de l’après-JOJ

La station balnéaire de Saly dispose déjà de nombreux hôtels et résidences, mais la restauration de sa plage n’a pas réglé tous les problèmes d’équipements, de salubrité et de sécurité. Autrefois fleuron du tourisme sénégalais et première station balnéaire d’Afrique de l’Ouest, Saly traverse un déclin accéléré : les routes dégradées, les nids-de-poule et les axes secondaires boueux pendant les pluies s’ajoutent à une insécurité grandissante et à un sentiment d’abandon institutionnel. Cette situation éloigne les investisseurs et menace des milliers d’emplois. La relance touristique se joue donc aussi dans la remise en état des infrastructures et leur entretien.

Une opération menée sur le littoral a rendu environ 325 000 m² de plage. Dix-neuf épis et brise-lames ont été installés pour stabiliser près de 7 km de côte. La Banque mondiale estime, selon Au-senegal, que ces travaux ont contribué à préserver l’activité touristique et les emplois du secteur, tout en favorisant de nouveaux investissements. Mais la protection du rivage ne suffit pas si les accès, les espaces publics et les équipements restent dégradés.

En 2025, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme avait relevé que plusieurs établissements hôteliers de Saly et Nianing n’étaient plus opérationnels, ou fonctionnaient de façon limitée. La réhabilitation des installations existantes reste donc un enjeu, alors que de nouveaux projets voient aussi le jour. La difficulté dépasse toutefois la station : le Sénégal sort de cinq années marquées par des tensions politiques, une crise économique mondiale et une baisse du pouvoir d’achat dans les pays émetteurs, notamment en Europe. Doudou Gnagna Diop, président du conseil d’administration de la SAPCO, a appelé à donner une nouvelle dynamique au tourisme sénégalais.

Le 5 septembre 2026, la SAPCO a réuni à Saly des acteurs autour de la relance de la station et des zones voisines. Les échanges ont porté sur la propreté, la sécurité, l’embellissement et la gestion des espaces publics. La direction de la SAPCO a reconnu que ses ressources ne lui permettaient pas de résoudre seule l’ensemble des difficultés et qu’elle devait rechercher d’autres financements. Cet enjeu est crucial pour enrayer le départ des investisseurs et maintenir l’activité locale.

Les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 doivent accélérer les aménagements. Saly accueillera six disciplines à Saly Plage Ouest : triathlon, aviron, voile, lutte, handball et volleyball. Entre le 31 octobre et le 13 novembre, 528 athlètes et environ 15 000 spectateurs sont attendus dans la station.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, une opération de désencombrement a retiré une quarantaine d’épaves sur l’axe entre le croisement de Saly et Bienvenue. Des plantations, des espaces verts et des installations solaires sont également prévus dans certaines zones. Après les Jeux, la propreté, l’éclairage, la sécurité et l’entretien des espaces publics nécessiteront des moyens réguliers : sans amélioration durable du cadre de vie et des infrastructures, l’afflux lié à l’événement ne suffira pas à consolider la destination.

La station conserve une offre d’hébergement et de loisirs comprenant notamment les sports nautiques, la pêche, le golf, l’équitation et le tennis. Le Yuma Lodge, inauguré à Saly en avril 2025, compte plus de 50 chambres, trois suites et six salles de séminaire.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire