30 jours pour le juste prix : mobilisation relativement faible au premier acte et soupçons de récupération politique

« Une cause noble ne suffit pas mécaniquement à produire une foule. » La campagne « 30 jours pour le juste prix » est confrontée à ce double défi : faire entendre la colère contre la vie chère et préserver son image citoyenne.

La marche contre la vie chère s’inscrit dans un contexte de forte pression sur les ménages. Au marché Castors, à Dakar, le chou est passé de 300 à 800 francs CFA le kilogramme. Certains légumes, auparavant vendus entre 400 et 600 francs, atteignent parfois 2 000 francs. Le prix du bœuf est, lui, monté de 4 000 à 5 500 francs CFA le kilogramme, soit une progression proche de 30 % sur certains étals.

Portée notamment par Bathie Drizzy, l’initiative entend documenter les écarts de prix et défendre une meilleure régulation de produits comme la viande, le lait et le poisson. Momar Assane affirme pour sa part qu’une mobilisation a déjà réuni près de 3 000 consommateurs. Une campagne annoncée le 2 septembre 2026 faisait état de plus de 4 000 citoyens rassemblés, avec l’envoi attendu de photos et de vidéos de produits jugés trop chers.

La première mobilisation concrète, baptisée « La Marche des paniers vides », a toutefois été jugée faible dans l’analyse publiée par dakaractu. Cette participation limitée pose la question de la capacité du mouvement à transformer une mobilisation numérique en présence durable sur le terrain. L’organisation, l’implantation dans les quartiers et la continuité des actions restent des enjeux centraux.

Un autre point de fragilité concerne les soupçons de récupération politique. La présence du député Guy Marius Sagna, identifié à Pastef, ainsi que celle d’influenceurs et de partisans proches du pouvoir, a alimenté les interrogations d’une partie de l’opinion sur le caractère réellement apolitique de la démarche.

Bathie Drizzy a assuré qu’aucun acteur politique ne se trouvait derrière l’initiative et a insisté sur son caractère volontaire et spontané. Cette déclaration n’a pas suffi à dissiper les doutes liés à la présence de personnalités partisanes reconnaissables lors de la mobilisation.

Le mouvement prévoit aussi une plateforme citoyenne de suivi des prix. Elle doit recueillir les signalements, les classer puis les transmettre aux autorités compétentes. Cette démarche doit encore s’accompagner d’actions concrètes pour éviter que la mobilisation ne reste cantonnée aux réseaux sociaux.

La campagne prévoit enfin un boycott progressif de certains produits.

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Un commentaire

  1. C’est les sosstefs qui manipulent ils dont finis khewi naniou ni client sweet beauté perimé

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