À Ziguinchor, sept jeunes Sierra-Léonaises ont été retrouvées dans un appartement de Kandialang, alors que certaines seraient âgées de 14 ans. Deux femmes ont été déférées au parquet dans le cadre d’une affaire présumée de traite et d’exploitation sexuelle.
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes (DNLT) met en cause Fatu Fofanah, surnommée Loveta, de nationalité sierra-léonaise, ainsi que Testimony Blessing, une ressortissante nigériane. Elles sont poursuivies pour association de malfaiteurs, proxénétisme, traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, extorsion, usage de faux documents et complicité de viol.
Le signalement concernant la présence de ces jeunes femmes a conduit les enquêteurs vers le logement de Kandialang, où sept victimes présumées auraient été découvertes (senegaldirect). D’après les premiers éléments, elles auraient été recrutées en Sierra Leone par des promesses d’emploi, avant d’être acheminées vers le Sénégal. Ce mode opératoire, fondé sur la ruse et le recrutement transfrontalier, avait déjà été relevé dans une enquête ouverte en février 2026 : les victimes transitaient par Conakry avant de rallier Ziguinchor par la route.
Une fois sur place, les jeunes femmes auraient été contraintes à se prostituer pour rembourser une dette estimée à 1,5 million de francs CFA. Leurs pièces d’identité et leurs téléphones auraient été retenus, tandis que des pressions auraient été exercées sur elles. Dans une affaire démantelée le 20 novembre 2025 à Ziguinchor, une jeune Sierra-Léonaise recrutée sur Facebook pour un prétendu emploi domestique avait été vendue 300 000 francs CFA à deux femmes nigérianes, puis soumise à des rites d’intimidation et menacée pour rembourser une dette de 2 millions de francs CFA.
La répétition de ces dossiers montre que Ziguinchor sert de point d’arrivée à des filières qui organisent le recrutement de jeunes femmes en Sierra Leone, leur transit régional et leur exploitation. Le 22 février 2026, trois membres présumés d’un autre réseau d’exploitation sexuelle avaient ainsi été déférés au parquet de Ziguinchor, après un renseignement recueilli cinq jours plus tôt sur un recrutement par ruse en Sierra Leone.
La qualification de proxénétisme désigne notamment le fait de favoriser ou d’organiser la prostitution d’autrui. Dans ce dossier, les faits restent soumis à l’enquête et aux témoignages recueillis.
Lors de leurs auditions, les deux suspectes ont affirmé avoir elles-mêmes subi par le passé des agissements de réseaux similaires.
