« We have all the cards » : aux États-Unis, le message de Donald Trump contesté par l’Iran

Dans le détroit d’Ormuz, la confrontation entre les États-Unis et l’Iran a franchi une nouvelle étape lundi, après une série de messages publics de Donald Trump et de réactions des autorités iraniennes. Le président américain a annoncé que l’armée des États-Unis commencerait à guider des navires bloqués par la guerre autour de ce passage maritime stratégique, dans une opération baptisée « Project Freedom ».

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette annonce intervient alors que Téhéran bloque de facto l’essentiel du trafic maritime depuis plus de deux mois dans le Golfe, après les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a déclaré que Washington aiderait des pays dont les navires sont immobilisés à quitter « en toute sécurité » ces eaux restreintes, en les décrivant comme des acteurs « neutres » et « innocents ». Il a aussi affirmé que des négociateurs américains menaient des discussions « très positives » avec Téhéran, sans autre précision.

L’Iran a réagi en affirmant que la sécurité de cette voie maritime relevait de ses forces armées. Les Gardiens de la révolution ont averti que tout navire jugé en violation de leurs règles dans le détroit d’Ormuz serait « stoppé par la force ». Un porte-parole, Sardar Mohebbi, a précisé que les bâtiments respectant les protocoles de transit de la marine des Gardiens de la révolution seraient « en sécurité ». Lundi également, l’agence iranienne Fars a affirmé qu’un navire de guerre américain avait été touché par deux drones iraniens, une allégation démentie par le commandement central américain.

Washington conserve toutefois plusieurs leviers. Le principal reste son régime de sanctions contre l’Iran, en place depuis 1979, visant notamment le secteur bancaire, les exportations de pétrole et l’accès aux marchés internationaux. Les États-Unis disposent aussi d’une nette supériorité militaire, avec des porte-avions, des bombardiers de longue portée, des frappes de précision, des bases dans le Golfe et des partenariats régionaux, notamment avec Israël. Depuis la mi-avril, les États-Unis imposent aussi un blocus naval étendu contre les ports et navires iraniens. Washington affirme que cette mesure vise à asphyxier les exportations pétrolières iraniennes, principale source de revenus du pays.

En face, l’Iran s’appuie sur la géographie du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal une part majeure du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Téhéran a montré sa capacité à perturber la navigation, saisir des navires ou restreindre l’accès à cette route. Le pays dispose aussi de missiles et de drones à coût réduit, ainsi que d’un réseau d’alliés armés au Moyen-Orient, notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Le groupe yéménite des Houthis a déjà été cité comme un facteur de risque supplémentaire pour la navigation dans Bab al-Mandeb, autre point névralgique du commerce mondial.

D’après Al Jazeera, les conséquences économiques sont déjà visibles. Le détroit fermé ou perturbé a fait bondir les prix mondiaux de l’énergie. Aux États-Unis, le prix moyen du gallon d’essence a atteint 4,30 dollars la semaine dernière, contre moins de 3 dollars avant la guerre, selon l’American Automobile Association. Le média cite aussi l’universitaire Michael Clarke, du King’s College London, qui estime que la supériorité militaire conventionnelle américaine ne s’est pas transformée en avantage stratégique décisif sur le terrain, face aux tactiques asymétriques iraniennes.

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