Le contexte sécuritaire au Moyen-Orient continue de se crisper à la suite des affrontements directs survenus fin février entre Washington, ses alliés et Téhéran. Alors que la direction de la République islamique vient d’être renouvelée après la mort de son plus haut dignitaire, le président américain s’est exprimé sur la suite des opérations, dévoilant les éléments précis sur lesquels s’appuie sa stratégie militaire actuelle.
Dans une interview accordée à la chaîne Fox News et diffusée mardi, Donald Trump a d’abord affiché son scepticisme quant à une coexistence pacifique avec Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême iranien. Selon l’agence de presse Anadolu, le locataire de la Maison Blanche s’est dit « pas satisfait » de la récente nomination de ce dernier, qualifiant ce choix de « grosse erreur ». Il a également averti que le nouveau dirigeant « ne durerait pas longtemps » sans l’aval des États-Unis.
L’entretien a surtout permis d’aborder les fondements de la campagne militaire américaine. Donald Trump a indiqué que ses émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, l’avaient récemment informé d’une donnée stratégique majeure : l’Iran affirmerait disposer d’une quantité d’uranium enrichi suffisante pour fabriquer onze bombes nucléaires. D’après le président américain, cette révélation rend la poursuite de l’action militaire pratiquement inévitable.
Revenant sur les frappes initiales du 28 février, Donald Trump a justifié l’offensive en affirmant que les forces américaines avaient détruit la moitié de l’arsenal de missiles iranien. « Si nous avions attendu trois jours, je pense que nous aurions été attaqués », a-t-il précisé pour expliquer le timing de l’opération. De son côté, Téhéran conteste ces affirmations, maintenant officiellement ne pas chercher à développer l’arme nucléaire ni à concevoir des missiles capables d’atteindre le territoire des États-Unis.
Sur le plan diplomatique, la perspective de négociations reste floue. Interrogé sur d’éventuelles discussions entre les deux capitales, Donald Trump s’est montré évasif. S’il concède entendre que les autorités iraniennes « veulent vraiment parler », il précise que des échanges ne sont que « possibles » et restent conditionnés à des termes jugés acceptables, nuançant ainsi de précédentes déclarations où il se disait déjà prêt à discuter.
Ces déclarations interviennent dans un climat d’hostilités intenses depuis l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février dernier. Cette opération a fait plus de 1 200 morts, parmi lesquels l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, père de l’actuel dirigeant. En riposte, les forces iraniennes ont lancé des salves de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l’Irak ainsi que des bases abritant des troupes américaines dans les pays du Golfe. Depuis le début de cette séquence, huit soldats américains ont perdu la vie.