Détroit d’Ormuz : le Président Donald Trump réclame une coalition navale, un haut gradé iranien lui lance ce défi direct

Le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le commerce mondial du pétrole, reste au centre des tensions entre Washington et Téhéran. Alors que le blocage de cette voie maritime par l’armée iranienne paralyse une part importante de l’économie mondiale, la récente proposition américaine de sécuriser la zone par des escortes militaires internationales peine à obtenir un soutien unanime.

La suggestion du Président Donald Trump, qui a invité plusieurs pays à déployer des navires de guerre aux côtés des forces navales américaines pour maintenir le détroit ouvert, n’a pour l’heure suscité aucun engagement immédiat. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a indiqué être en discussion avec la Grande-Bretagne, la France, le Japon et la Corée du Sud, tout en espérant que la Chine devienne un partenaire constructif.

Cependant, les réponses internationales restent mesurées. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est montré sceptique quant à une participation active de son pays au conflit. La France, de son côté, étudie la possibilité d’une mission internationale, mais souligne que celle-ci ne pourrait intervenir que lorsque les combats auront diminué. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a échangé sur le sujet avec le Président Donald Trump et le Premier ministre canadien, Mark Carney, sans annoncer de déploiement militaire.

Sur le terrain, la situation est critique. Près de 1 000 pétroliers sont actuellement immobilisés, incapables de traverser le détroit, et le prix du baril de brut avoisine les 100 dollars. Selon les données de l’Organisation maritime internationale et des autorités régionales, au moins 10 pétroliers ont été ciblés depuis le début du conflit le 28 février. Ce blocage s’inscrit dans la continuité de l’ultimatum prononcé par l’Iran qui fige le trafic pétrolier mondial en représailles aux frappes américaines et israéliennes.

Téhéran précise que le détroit d’Ormuz reste ouvert à tous, à l’exception des États-Unis et de leurs alliés. Cette politique différenciée a permis à l’Inde de maintenir ses approvisionnements. Le ministre indien des Affaires étrangères, S Jaishankar, a confirmé que des négociations directes avec Téhéran ont abouti au passage en toute sécurité de deux méthaniers battant pavillon indien samedi dernier. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a d’ailleurs déclaré au réseau CBS que plusieurs pays avaient approché l’Iran pour garantir le passage de leurs navires, une décision qui relève désormais des autorités militaires iraniennes.

Concernant la Chine, l’ambassade chinoise aux États-Unis a appelé à une désescalade sans promettre l’envoi de navires. Selon Barbara Slavin, chercheuse au Stimson Center interrogée par Al Jazeera, Pékin n’a aucune nécessité militaire d’intervenir, le pétrole iranien continuant d’être exporté vers la Chine sans entrave.

Alors que le Wall Street Journal évoque l’annonce imminente d’une coalition par l’administration américaine, une information que la chaîne Al Jazeera n’a pas pu vérifier dans l’immédiat, les Gardiens de la révolution islamique maintiennent une posture de confrontation. Le général de brigade Ali Mohammad Naini a publiquement mis au défi le Président Donald Trump, en réponse aux affirmations américaines sur la destruction de la marine iranienne, l’invitant à envoyer ses navires dans le golfe Persique s’il l’ose.

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