Les États-Unis accentuent leur rapprochement avec le Maroc, envisageant désormais de soutenir les revendications de Rabat sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Cette perspective survient dans un contexte de forte tension migratoire : la semaine dernière, des dizaines de milliers de personnes, Marocains et migrants subsahariens, ont franchi la frontière pour pénétrer sur le territoire de Ceuta, mettant Madrid sous une pression considérable.
Une alliance historique renforcée
Ce possible appui américain s’inscrit dans une relation bilatérale déjà solide. En 2020, Washington avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël. Le 1er août 2026, le président Donald Trump a réitéré cette position par courrier adressé au roi Mohammed VI, qualifiant le plan d’autonomie proposé par Rabat de « seule base pour une solution juste et durable ».
L’alliance entre les deux pays, vieille de 250 ans, est analysée comme « transactionnelle » par Intissar Fakir, directrice du programme Afrique du Nord et Sahel au Middle East Institute. Selon elle, Washington voit dans le Maroc un partenaire clé pour la sécurité régionale et ses intérêts en Afrique, tandis que Rabat mise sur ce lien pour obtenir un soutien diplomatique déterminant sur la question du Sahara.
Excès de migrants et opportunité diplomatique
Selon Riccardo Fabiani, directeur pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, le royaume chérifien perçoit dans le mandat de Donald Trump une fenêtre unique pour faire avancer ses revendications territoriales. « Le Maroc sent que c’est le moment ou jamais pour que l’administration Trump appuie ses positions », a-t-il confié à RFI Afrique. La coopération sécuritaire s’était déjà illustrée en janvier dernier par la visite à Rabat du sous-secrétaire adjoint à la Défense américain, Bryan J. Ellis, venu consolider le partenariat militaire entre les deux nations.

Le Maroc est aligné sur les intérêts des us et Israel