Fini les inspections programmées. L’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL) effectue désormais 100 % de ses visites de contrôle de manière inopinée, a annoncé son président Madiaw Diaw. L’institution abandonne la méthode des visites annoncées à l’avance pour mieux évaluer les conditions réelles de détention dans les prisons, commissariats, brigades de gendarmerie, centres psychiatriques et autres lieux de privation de liberté.
Selon Madiaw Diaw, cette évolution traduit la maturité de l’ONLPL. Les premières missions annoncées répondaient à une démarche pédagogique destinée à faire connaître l’institution. Désormais bien installée dans le paysage, elle estime que les contrôles surprises sont un levier plus efficace pour apprécier la réalité du terrain et formuler des recommandations objectives. L’objectif reste de renforcer la protection des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
Malgré des efforts de l’État, notamment la construction et la rénovation de plusieurs établissements, les conditions de détention restent globalement difficiles, a rappelé l’ONLPL en présentant ses rapports annuels 2024 et 2025. La situation est particulièrement préoccupante dans les prisons où la promiscuité et les lacunes dans la prise en charge des détenus sont régulièrement pointées.
Le président Bassirou Diomaye Faye a, de son côté, reçu ces mêmes rapports en juillet dernier et a insisté sur la nécessité d’installer des portiques de détection et de développer les peines alternatives pour humaniser le système carcéral. Cette remise intervenait alors que dakaractu relayait les dénonciations d’Horizon Sans Frontières, qui venait de dénoncer un « mouroir » à la prison de Dar Naïm en Mauritanie, où plus de 100 Sénégalais sont incarcérés dans des conditions dramatiques.
Fin janvier, Madiaw Diaw avait déjà alerté sur le non-respect de l’alimentation réglementaire des gardés à vue, une défaillance récurrente depuis 2022. Parallèlement, un projet de loi portant création et encadrement de l’ONLPL a été examiné à l’Assemblée nationale en février dernier, signe d’une volonté de renforcer cette institution.
