« J’ai pris rendez-vous début juin pour renouveler un simple visa touristique, et je dois attendre au moins jusqu’en août pour espérer l’obtenir. » Ce témoignage d’une Camerounaise, dont la fille étudie la médecine à l’Université de Berkeley, illustre les nouvelles difficultés rencontrées par les Africains pour obtenir un visa américain. Selon Jeune Afrique, qui a recueilli ce récit, les délais s’allongent, les refoulements se multiplient et le nombre d’ambassades habilitées à délivrer des visas diminue.
Un durcissement assumé
À Washington, on assume ce durcissement. L’administration Trump a déjà réduit à une vingtaine le nombre d’ambassades autorisées à délivrer des visas en Afrique, contre près de 50 auparavant. Dakar fait partie des vingt représentations maintenues, comme Abidjan, Djibouti, Kigali, Kinshasa, Lomé, Nairobi, Port-Louis et Yaoundé. L’objectif affiché est clair : compliquer l’accès aux visas pour freiner l’immigration.
Cette politique s’inscrit dans une série de mesures restrictives. En janvier 2026, les États-Unis avaient déjà suspendu le traitement des visas d’immigration permanente pour 75 pays, dont 26 États africains. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Nigeria, le Ghana, l’Éthiopie et la Tunisie figurent parmi les pays concernés. Cette suspension ne touchait toutefois pas les visas touristiques.
Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 74 % des demandes de visa touristique et d’affaires déposées par des Sénégalais sont rejetées par les États-Unis, selon une étude du cabinet d’avocats Bogin, Munns and Munns, datée de mai 2026. Le Sénégal est classé premier pays africain dont les citoyens « n’ont pratiquement aucune chance d’entrer aux États-Unis ». Le rapport indique également un gel total du traitement des demandes de carte verte pour le Sénégal.
Pour la Camerounaise qui attend son rendez-vous, l’angoisse est palpable : elle détient un visa temporaire de trois ans, mais le renouvellement s’avère déjà compliqué.


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