Un projet propose 40 licences d’excellence et une détaxation totale pour la presse sénégalaise sous licence

Un plan de transformation de la presse sénégalaise, consulté par la BBC, propose la création de 40 licences d’excellence, une détaxation intégrale et une nouvelle grille salariale certifiée. Ce projet vise à faire du secteur un champion national d’ici 2029.

Cette initiative intervient alors que l’aide publique aux médias, instaurée depuis 1996 et devenue le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) en 2021, est jugée peu efficace par de nombreux professionnels. Le journaliste Mactar Silla estimait en 2026 que ce soutien n’avait pas d’effet marquant sur la santé économique des entreprises de presse. La précarité reste le lot quotidien de beaucoup de reporters, à l’image de Moussa Diagne, qui travaillait parfois quatre mois sans salaire complet. Par ailleurs, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a récemment appelé à mieux protéger les journalistes et à dépénaliser les délits de presse.

Le document, également examiné par EMedia, détaille un programme de financement strictement réservé à 10 entreprises de presse écrite, 10 radios, 10 télévisions et 10 médias web, sélectionnées sur des critères de transparence. Il prévoit une exonération totale de TVA, d’impôt sur les sociétés sous condition de réinvestissement salarial, et la suppression des droits de douane sur le matériel professionnel. L’objectif est aussi de mettre fin à l’utilisation de l’impôt comme moyen de pression politique.

Sur le plan social, une grille salariale certifiée est proposée, allant de 312 450 FCFA bruts pour un reporter débutant à 1,5 million FCFA pour un rédacteur en chef. L’État subventionnerait les charges patronales à hauteur de 50 %. Le projet inclut une mutuelle de santé obligatoire, un fonds de rachat des cotisations de retraite impayées et un programme de logement à taux zéro pour les journalistes. Il impose aussi aux non-journalistes intervenant dans les débats d’obtenir une validation des acquis par le CESTI et le CORED.

La révolution numérique n’est pas en reste : numérisation des archives historiques avec instauration d’un droit d’auteur perpétuel, création d’un cloud souverain et formation obligatoire à l’intelligence artificielle pour tous les journalistes en activité. Le document prévoit un fonds annuel de 15 milliards de FCFA pour soutenir l’investigation journalistique.

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