Un différend pétrolier pousse un État membre de l’UE à bloquer l’aide de 90 milliards d’euros prévue pour l’Ukraine

Au cap de la quatrième année du conflit, les tensions autour de la guerre en Ukraine se cristallisent autant sur le front militaire que dans les arcanes diplomatiques européennes. Alors que les combats se poursuivent sur le terrain, une impasse politique majeure à Bruxelles remet en question une part significative du financement destiné à Kiev.

Le gouvernement hongrois a maintenu son veto sur un nouveau train de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, ainsi que sur un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce blocage découle d’un différend avec Kiev concernant les approvisionnements en pétrole. Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE, a qualifié ce veto de revers, soulignant l’incapacité des pays européens à approuver ce 20e paquet de sanctions. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a formellement exhorté le Premier ministre hongrois Viktor Orban à respecter l’accord sur ce prêt.

Lors de réunions à huis clos, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a fait l’objet de vives critiques de la part de ses homologues européens. Certains ministres ont accusé Budapest d’utiliser la question énergétique à des fins politiques, à l’approche des élections d’avril en Hongrie. En réaction, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré que les ultimatums de la Hongrie et de la Slovaquie devaient être adressés au Kremlin, ajoutant que ces deux pays ne pouvaient pas prendre en otage l’ensemble de l’Union européenne. Une évolution a toutefois été notée concernant Bratislava : le ministère slovaque de l’Économie a annoncé que l’Ukraine avait informé l’opérateur Transpetrol de la reprise des livraisons de pétrole via son réseau dès le mercredi 25 février.

Sur le plan militaire, les infrastructures énergétiques restent des cibles privilégiées. Un responsable de la sécurité ukrainienne a indiqué que des drones ont frappé la station de pompage de Kaleykino, située dans la région russe du Tatarstan. Cette installation dessert l’oléoduc Droujba, conçu pour acheminer le brut de Moscou vers l’Europe de l’Est. La frappe a provoqué un incendie sur le site.

À l’intérieur des frontières ukrainiennes, les forces de l’ordre ont été directement visées. À Mykolaïv, dans le sud du pays, une explosion a blessé sept policiers, dont deux grièvement. Le chef de la police nationale, Ivan Vyhivskyi, a précisé qu’il s’agissait de la deuxième attaque ciblant des agents en trois jours, évoquant une volonté délibérée de tuer. Une autre explosion a touché un commissariat à Dnipro, causant des dégâts matériels sans faire de blessés.

Sur le front diplomatique, le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé à Berlin que la résistance ukrainienne était plus efficace que ce qui est souvent perçu, pointant une économie russe qui craque sous le poids des sanctions. Par ailleurs, l’ancien commandant en chef ukrainien Valerii Zaluzhnyi, actuel ambassadeur au Royaume-Uni, a balayé les rumeurs sur ses ambitions présidentielles, les qualifiant de discussions de comptoir. Il a affirmé qu’il n’aborderait son avenir politique qu’après la levée de la loi martiale. Enfin, en Asie, la Corée du Sud a officiellement demandé à l’ambassade de Russie à Séoul de retirer une grande banderole affichant « La victoire sera à nous », a indiqué son ministère des Affaires étrangères.

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