Tribunal de Dakar : 4.792 dossiers frauduleusement extraits au Bureau d’enrôlement des dossiers de flagrants délits 

Le Bureau d’enrôlement des dossiers de flagrants délits du tribunal de Dakar est au cœur d’un important scandale d’extraction de données judiciaires confidentielles. Selon des révélations rapportées par Libération, la Brigade des affaires générales (BAG) de la Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à l’arrestation de trois individus impliqués dans cette affaire.

Il s’agit de P. Sakho, consultant en informatique, de M. Ka, surveillant de prison principal, et de I. Coulibaly, informaticien au bureau de recouvrement du tribunal. Les mis en cause ont été déférés au parquet ce lundi pour « atteinte à l’administration de la justice », après la découverte de 4 792 dossiers judiciaires sensibles stockés illégalement sur l’ordinateur personnel de P. Sakho.

L’enquête a débuté à la suite d’un signalement effectué par M. Ka contre le consultant. Ce dernier affirme lui avoir permis d’accéder au bureau dans le cadre d’un projet bénévole visant à développer un logiciel de numérisation pour moderniser un système d’enrôlement encore largement manuel. Cependant, le consultant aurait dépassé ce cadre initial, profitant de ses accès répétés au Palais de justice pour extraire une base de données couvrant plus de cinq années d’activité judiciaire, entre le 1er décembre 2020 et le 10 avril 2026.

L’exploitation de son ordinateur portable a révélé la présence d’informations hautement sensibles, notamment des identités de personnes mises en cause, des infractions, des mandats de dépôt et des décisions de justice.

Lors de son audition, P. Sakho a reconnu avoir accédé aux registres d’enrôlement et manipulé des données judiciaires, tout en affirmant avoir agi avec la complicité de certains agents du tribunal, citant notamment I. Coulibaly comme facilitateur. De son côté, ce dernier a admis avoir commis une faute en transmettant des données à un tiers non habilité, concernant principalement des audiences de l’année 2025, tout en niant être à l’origine de l’ensemble des fichiers récupérés.

L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des responsabilités et un éventuel usage détourné de ces informations sensibles, dans un dossier qui met en lumière de graves failles dans la gestion des données judiciaires.

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Un commentaire

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